Malgré les températures hivernales, des dizaines de millions de Chinois font face à des coupures de courant décidées par les autorités, en raison d’une offre en charbon limitée et des objectifs environnementaux.

Des habitants, usines et entreprises des provinces du Hunan, du Jiangxi (centre) ou du Zhejiang (est) sont concernés par ces restrictions, selon la presse et les gouvernements locaux.

La relance post-Covid en Chine est alimentée par les secteurs très énergivores comme le BTP, mettant à rude épreuve le réseau électrique et l’approvisionnement en charbon, souligne Lauri Myllyvirta, du Centre de recherche sur l’énergie et l’air pur (CREA), basé à Helsinki.

Début décembre, le Hunan a décrété l’extinction durant plusieurs heures par jour des éclairages sur les bâtiments et limité le chauffage dans les lieux de divertissement.

La province est confrontée à un déficit d’électricité, ont admis les autorités, sur fond d’augmentation de la demande en raison de températures exceptionnellement froides qui devraient descendre jusqu’à -10 degrés.

Des employés de la capitale provinciale Changsha se plaignent ainsi de devoir monter dans leurs immeubles à pied faute d’ascenseurs.

“Le chauffage au bureau est arrêté (…) Les températures descendront à -8 degrés vers le Nouvel An. Vais-je mourir de froid?”, a ironisé l’un d’eux sur le réseau social Weibo.

Dans le Zhejiang, des usines ont reçu l’ordre d’arrêter leur production et des éclairages publics sont éteints la nuit afin de réduire les émissions, selon la presse et des internautes.

L’agence nationale de planification économique (NDRC) a assuré lundi que la fourniture d’électricité était “globalement stable” et promis d’augmenter l’approvisionnement en charbon.

Ces incidents illustrent les défis d’une Chine en plein développement, contrainte à jouer les équilibristes entre les besoins de sa population et ses engagements environnementaux.

Le géant asiatique s’est engagé à atteindre son pic d’émission de CO2 d’ici 2030 et la neutralité carbone en 2060.

Sur internet, certains s’interrogent sur un éventuel lien entre les coupures d’électricité et les restrictions imposées par Pékin contre le charbon australien, sur fond de crise diplomatique Pékin-Canberra.

Le charbon venu d’Australie ne représentait toutefois que 3% des importations totales en 2019, selon les chiffres officiels chinois.

“Ces restrictions n’ont que peu d’impact”, estime Yan Qin, analyste à la société d’informations financières Refinitiv.

“Mais les tensions sino-australiennes entrainent de vives inquiétudes sur les marchés des matières premières, ce qui a fait grimper les prix du charbon en Chine”, souligne-t-il.

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