La ville de Kasbat Tadla, riche de son patrimoine architectural et civilisationnel est à la recherche de son lustre d’antan puisant dans sa longue histoire architecturale qu’il convient de réhabiliter dans le cadre d’un développement intégré de la plaine de la Tadla.

Ainsi, les composantes de ce legs civilisationnel riche et diversifié reposent sur trois pôles principaux, représentés par la “Kasbah ismaélienne” construite en 1687 par le Sultan Moulay Ismail sur la rive droite d’Oued Oum Er Rbia, et qui a été longtemps considérée comme le noyau de la ville de Kasbat Tadla ayant marqué les annales de l’histoire richissime du Maroc, “l’ancienne médina” qui avait rassemblé depuis des siècles musulmans et juifs autour d’un vivre ensemble exemplaire et si singulier et qui comprenait plusieurs Zaouia, mosquées, souks, des espaces pour l’artisanat traditionnel, ainsi que pour le “patrimoine colonial” contemporain avec ses institutions et manifestations civilisées et modernes.

Si de nombreuses sources historiques indiquent que Kasbat Tadla qui abrite la “Kasbah ismaélienne” a vu, lors de l’époque médiévale, la succession de plusieurs dynasties, commençant par les Idrissides, les Almoravides, les Almohades et les Mérinides, ainsi que les dynasties Wattassides et Saâdiennes, jusqu’à la Dynastie Alaouite Chérifienne, les lumières vont briller de mille feux durant le règne du Sultan Moulay Ismail, qui avait donné à la Kasbah son lustre d’antan dans le sens où, elle est devenue une base militaire dédiées à la protection de l’ensemble de la région.

Pendant la période de protectorat, Kasbat Tadla va connaitre une importante organisation urbaine de son domaine initiée par les autorités coloniales qui ont entamé une urbanisation à grande échelle de la ville qui avait pris une forme moderne consistant à placer les groupes de logements sur des places séparées par des rues et des routes, en plus de la mise en place de nombre d’institutions modernes.

Dans une déclaration à la MAP, le Conservateur régional du patrimoine de la région Béni Mellal- Khénifra Mohamed Choukri a expliqué qu’avec l’occupation du Maroc par les Français, une vaste zone a été créée à l’Est de la Kasbah ismaélienne qui a formé ce qu’on appelle la nouvelle ville aux caractéristiques architecturales et urbaines “coloniales”, et qui comprend de nouvelles institutions sociales et économiques y compris l’église, les écoles, les théâtres, les cinémas, la poste, des cafés, des restaurants et des hôtels, en plus d’un groupe de places et de parcs …

Il a, dans ce sens, appelé à la réhabilitation de ce triple pôle, qui est formé de la “Kasbah ismaélienne” avec toutes ses composantes architecturales, l'”ancienne médina” et le “patrimoine de l’époque coloniale”, et à travailler pour l’intégrer dans le système de développement avec ses dimensions intégrées, afin de renforcer le cycle économique et touristique de la ville et de la région.

Dans le même contexte, M. Al Hassan El Omari, président de la commission des finances au sein du Conseil régional de Béni Mellal-Khénifra, a souligné la nécessité de renforcer cette approche de développement en réhabilitant la ville pour réaliser un décollage économique et social qui bénéficiera à ses habitants, citant, dans ce sens, les interventions du conseil dans ce cadre, comme la signature de nombreux accords pour la mise à niveau des structures architecturales de la ville.

Il a cité à titre d’exemple l’accord signé entre le conseil de la région et le ministère de la Culture pour la réhabilitation de la Kasbah ismaélienne d’un montant estimé à 10 millions de DH, l’accord pour la réhabilitation des abords d’Oum Errabia près de la Kasbah ismaélienne pour renforcer l’attractivité touristique de la ville, l’accord relatif à la réhabilitation de l’avenue principale de la ville (Avenue 20 Août) d’une valeur de 45 millions de DH avec une contribution de 33 millions de DH du Conseil élu de la région, en plus d’un accord de réhabilitation d’un quartier fragilisé d’une valeur de 263 millions de DH avec une contribution du conseil d’environ 25 millions de DH.

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