Dix figures de l’opposition arménienne ont été arrêtées jeudi pour leur rôle présumé dans des manifestations violentes dénonçant la signature par le Premier ministre de l’accord consacrant une victoire azerbaïdjanaise dans le conflit au Nagorny Karabakh.

Au terme de ce texte, après six semaines d’affrontements meurtriers, l’Azerbaïdjan a reconquis de larges territoires qui étaient sous contrôle arménien depuis le début des années 1990. Une “trahison”, selon les opposants au chef du gouvernement Nikol Pachinian.

Près de 2.000 soldats de maintien de la paix russes vont être déployés pour garantir le respect de l’accord, mais aussi la survie de la république autoproclamée arménienne du Nagorny Karabakh, amoindrie et affaiblie.

Parmi les opposants arrêtés jeudi, figurent le chef d’Arménie prospère, Gaguik Tsaroukian, et des représentants de Dachnaktsoutioun, du parti Républicain ainsi que du parti de la Patrie.

Selon le Service d’enquête du parquet, ils sont suspectés d'”organisation illégale de désordres de masse violents”, crime passible de 10 ans de prison. Dans la nuit de lundi à mardi, le siège du gouvernement et le Parlement avaient été envahis et partiellement saccagés par des centaines de manifestants.

Une manifestation, sans débordements grave a encore eu lieu mercredi et une nouvelle est prévue jeudi après-midi, malgré l’interdiction des rassemblements due à la loi martiale en vigueur depuis fin septembre et le déclenchement des hostilités arméno-azerbaïdjanaises.

“Nous considérons cela comme des poursuites politiques”, a réagi Lilit Galstian, représentante du parti Dachnaktsoutioun, accusant une nouvelle fois le Premier ministre de “trahison”.

Diverses formations d’opposition avaient donné jusqu’à jeudi minuit (20H00 GMT mercredi) à Nikol Pachinian pour démissionner, un ultimatum rejeté par le pouvoir qui défend sa décision d’accepter sa défaite et une cessation des hostilités au Nagorny Karabakh.

Selon Nikol Pachinian, cet accord “douloureux”, signé à la demande de l’armée et des responsables séparatistes, permet, malgré les pertes de territoires, à une grande partie du Nagorny Karabakh de subsister.

Autrement, l’Azerbaïdjan, soutenu par la Turquie, aurait fini par reconquérir la totalité de la province.

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