Les appels à la démission du Président sud-africain Cyril Ramaphosa se sont intensifiés depuis la publication, mercredi, par une Commission parlementaire indépendante d’un rapport confirmant les accusations criminelles portées contre lui dans l’affaire “Phala Phala”.

Le panel constitué de trois membres et présidé par l’ancien juge en chef Sandile Ngcobo, a évalué dans son rapport remis à l’Assemblée nationale si M. Ramaphosa avait violé son serment d’office en relation avec la prétendue dissimulation d’un vol de millions de dollars en devise dans sa ferme située dans la province du Limpopo (nord-est).

Il a affirmé, à cet égard que, si ces faits sont établis, ils constitueront “une violation grave” aux lois et à la Constitution du pays, ouvrant ainsi la voie à un débat parlementaire pour décider du lancement d’une procédure de destitution du chef de l’État.

Le chef du principal parti d’opposition d’Afrique du Sud, l’Alliance démocratique (DA), John Steenhuisen, a réagi à la publication du rapport en soulignant que “M. Ramaphosa se trouve dans une impasse”.

“Le rapport laisse le Président dans une position pratiquement intenable, en particulier en ce qui concerne les règles de son propre parti et la ligne de conduite qu’il a lui-même adoptées contre d’autres responsables au sein de l’ANC au pouvoir”, a souligné M. Steenhuisein en faisant référence à la règle de résignation en vigueur au sein du Congrès national africain en cas d’accusations de corruption.

Signalant que le rapport “Phala Phala” est un moment décisif pour la démocratie constitutionnelle sud-africaine, il a fait savoir que la DA tiendra le Président responsable devant le Parlement.

Pour sa part, le parti des Combattant pour la liberté économique (EFF) a appelé M. Ramaphosa à se retirer du pouvoir suite aux recommandations du groupe indépendant chargé d’enquêter sur le scandale de la ferme de Phala Phala.

Le porte-parole de l’EFF, Sinawo Tambo, a qualifié les recommandations du panel d'”accablantes et cinglantes”,  notant que son parti considère que le chef d’État “a blanchi de l’argent et violé la constitution et son serment d’office”.

M. Ramaphosa fait face également à des appels à la démission au sein même de son parti. Il s’agit notamment de la ministre de la Gouvernance coopérative et des Affaires traditionnelles, Nkosazana Dlamini-Zuma, la ministre du Tourisme, Lindiwe Sisulu, et des anciens présidents Thabo Mbeki et Jacob Zuma.

Le Parlement sud-africain devrait se réunir, mardi prochain, en séance extraordinaire pour examiner les recommandations du rapport et éventuellement ouvrir un processus en vue d’un vote pour la constitution d’une Commission de destitution du chef de l’État.

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