La défense qui flanche, le mental qui défaille, les points qui s’envolent: un mois après la reprise du football en Italie et à moins de trois semaines de ses retrouvailles avec Lyon en Ligue des Champions, la Juventus, qui affronte la Lazio Rome lundi, a une toute petite mine.

Lors du retour sur les terrains, les Turinois avaient appuyé fort sur l’accélérateur et un nouveau titre, qui serait leur neuvième d’affilée, semblait sur le point de tomber.

Mais la Juventus a ensuite calé avec une série de trois matches qui ont mis en lumière ses faiblesses du moment: défaite 4-2 contre l’AC Milan et nuls 2-2 et 3-3 face à l’Atalanta Bergame et Sassuolo.

Si on les remarque aussi facilement, c’est que ces faiblesses sont inhabituelles. Neuf buts encaissés en trois matches, ça n’est pas dans les habitudes de la maison. Et gâcher deux fois en une semaine un avantage de deux buts (2-0 contre Milan puis Sassuolo), cela ressemble encore moins à la Juventus.

Mais l’équipe de Maurizio Sarri n’a pas la brutalité de ses devancières qui, une fois devant, fermaient le rideau. Résultat, la Juve a depuis le début de saison perdu 15 points après avoir mené au score.

A cinq journées de la fin, les bianconeri n’ont en tous cas plus que six longueurs d’avance sur l’Inter Milan et vont devoir encore s’employer, alors qu’ils auraient pu avoir le regard déjà tourné vers l’OL.

“Ils jouent avec le feu parce que s’il faut attendre la dernière journée pour gagner le championnat, ça sera un massacre qui aura des conséquences en Ligue des Champions”, a estimé samedi dans la Gazzetta dello Sport l’ancien milieu de terrain du club Alessio Tacchinardi.

“Plus vite ils gagnent le scudetto, plus vite ils pourront souffler et se tourner vers Lyon, qui sera surmotivé et frais comme une rose”, a-t-il ajouté.

Après cinq ans de succès avec Massimiliano Allegri, l’arrivée de Sarri devait apporter une touche de beau jeu aux habitudes de compétitrice obsessionnelle de la Juve.

Il y a eu le “Sarrismo” à Naples et le “Sarri-Ball” à Chelsea. Et à Turin ? Rien de spécial, en dehors de brèves et rares inspirations collectives.

Symbole le plus frappant des difficultés de Sarri à imposer son style: 20e minute du match face à l’Atalanta et 71% de possession pour les Lombards. Contre Sassuolo, les Turinois n’ont tenu le ballon que 43% du temps.

Au sein de ce collectif qui s’étiole et accuse de fortes et soudaines baisses de tension, la défense inquiète particulièrement, avec déjà 35 buts concédés en 33 journées. Lors des huit dernières saisons, toutes conclues par le scudetto, elle n’en avait jamais encaissé plus de 30 en 38 matches.

“Cette équipe donne parfois l’impression d’avoir un immense potentiel et à d’autres moments, elle me laisse perplexe”, a reconnu Sarri cette semaine.

Pour de nombreux observateurs, le jeu et les ambitions collectives de Sarri ont surtout été cannibalisés par le règne des solistes Ronaldo et Dybala.

Les deux stars de l’attaque turinoise ont de leur côté le talent et les statistiques: 28 buts pour le Portugais, 11 buts et six passes décisives pour l’Argentin. Mais ils défendent peu et ne s’inscrivent guère dans les circuits de passe qu’affectionne Sarri.

Impossible évidemment de leur imputer pour autant les difficultés de l’équipe, d’autant qu’à leurs côtés comme derrière eux, les joueurs offensifs (Bernardeschi, Douglas Costa) et les milieux de terrain (Pjanic, Khedira, Matuidi, Rabiot) alignent blessures et prestations mollassonnes.

En défense, les erreurs individuelles se sont aussi succédé et le capitaine Chiellini, blessé fin février et qui vient d’effectuer son retour, a manqué.

Mais pour se rassurer, le club turinois peut tout de même avancer qu’avec Milan, Sassuolo et l’Atalanta, il a affronté les équipes les plus en forme de Serie A. Avec la Lazio lundi, c’est au contraire une équipe en déroute (un point en quatre matches) que les bianconeri vont retrouver. Et pouvoir à nouveau positiver ?

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