Le président Donald Trump doit annoncer une nouvelle réduction de troupes américaines en Irak, où les soldats qui pourchassent les cellules dormantes jihadistes sont confrontés aux attaques croissantes de factions pro-iraniennes.

Les bombes et les roquettes visant les Américains depuis un an ont mis une pression supplémentaire sur le Premier ministre irakien Moustafa al-Kazimi, qui a promis de contrôler les groupes farouchement hostiles aux Etats-Unis.

Lors de discussions en août à Washington avec M. Kazimi, M. Trump, qui brigue un deuxième mandat en novembre, a dit qu’il voulait retirer les soldats basés en Irak, mais sans donner de date ni préciser l’ampleur du retrait.

Mardi, un haut responsable de l’administration Trump a indiqué aux journalistes de s’attendre à une annonce mercredi à ce sujet. Il a également affirmé que le président américain annoncerait prochainement des retraits d’Afghanistan où les Etats-Unis disposent de 8.600 militaires.

Fin 2019, les Etats-Unis avaient indiqué que 5.200 soldats étaient encore présents en Irak, le dernier chiffre donné officiellement.

Mais depuis, ils ont réduit de façon significative le nombre des militaires qui ont passé le relai aux forces irakiennes, notamment dans les domaines du combat et d’entraînement, ou qui sont rentrés en raison de craintes liées à la pandémie de Covid-19.

Les responsables américains ont refusé de répondre aux demandes répétées sur le nombre précis de soldats se trouvant encore en Irak.

En 2014, les Etats-Unis avaient pris la tête d’une coalition internationale pour chasser le groupe jihadiste Etat islamique (EI) d’Irak.

Même si Bagdad a déclaré la victoire sur l’EI fin 2017, les armées des Etats-Unis et de leurs alliés ont continué à soutenir les forces irakiennes avec des raids aériens, des opérations de surveillance et de l’entraînement pour prévenir une résurgence des jihadistes.

Depuis un an, des dizaines d’attaques à la roquette ont ciblé les forces américaines, ainsi que l’ambassade des Etats-Unis dans la zone ultrasécurisée de Bagdad, tuant au moins trois Américains, un Britannique et un Irakien.

Des responsables américains imputent la responsabilité de ces attaques à des milices proches de l’Iran, pays ennemi des Etats-Unis qui réclame régulièrement le départ de tous les soldats américains du Moyen-Orient.

Les tensions entre Washington et Téhéran sont montées d’un cran en janvier 2020 quand les Américains ont éliminé à Bagdad le puissant général iranien Qassem Soleimani et l’Irakien Abou Mehdi al-Mouhandis, chef opérationnel du Hachd al-Chaabi, une coalition de paramilitaires pro-Iran.

Cette opération avait fait redouter un conflit ouvert entre l’Iran et les Etats-Unis, les deux grands alliés de l’Irak sur son sol.

Et dans la foulée, les députés chiites irakiens avaient voté l’expulsion des soldats étrangers du pays, y compris américains.

La coalition a ensuite discrètement réduit ses troupes depuis mars, et les soldats sont regroupés désormais dans trois bases irakiennes dans le pays, au lieu de huit précédemment.

Des responsables américains arguent que la prochaine réduction avait été décidée depuis longtemps tout en admettant que le processus avait été accéléré avec les tirs de roquettes et les craintes liées à l’épidémie de Covid-19.

Encore mardi, un convoi se dirigeant vers une base irakienne accueillant des troupes américaines a été visé par une bombe, faisant un mort parmi les forces irakiennes.

M. Trump reste cependant flou s’agissant de l’ampleur du retrait.

Alors qu’il a promis de ramener “rapidement” à la maison les troupes américaines, il a aussi refusé d’utiliser le terme de “retrait” dans un communiqué commun après la visite de M. Kazimi, préférant celui, plus vague, de “redéploiement”, note un haut responsable irakien.

Et même si des responsables de la coalition insistent que leur mission se concentre exclusivement sur l’EI, M. Trump a indiqué que les troupes américaines étaient en partie en Irak pour “surveiller l’Iran”.

Pour des responsables irakiens, les décisions du président américain sont liées à la politique intérieure américaine alors que les sondages le placent derrière le démocrate Joe Biden pour la présidentielle de novembre.

M. Trump martèle régulièrement sa promesse de désengagement des théâtres d’opérations coûteux du Moyen-Orient.

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