En pariant en 2009, sur le site de Dreux dans le département de l’Eure-et-Loir, à environ 50 minutes de Paris, Karim Bernoussi, PDG du groupe marocain Intelcia, l’un des acteurs majeurs des métiers de l’externalisation et première entreprise marocaine du secteur à s’être développée à l’international, ne s’attendait pas à un tel succès dix ans plus tard.

Et pour cause, l’entreprise, qui a réussi à s’installer durablement comme un acteur économique responsable et socialement ancré dans l’écosystème local, peut se targuer d’être aujourd’hui le premier employeur du département.

A fin 2019, le nombre d’emplois créé par Intelcia à Dreux aura été multiplié par 9 en 10 ans. Le site emploie aujourd’hui 550 collaborateurs dont la quasi-totalité en CDI (99% ), soit 6 fois plus qu’en 2009 lors du démarrage des premières activités du site.

D’ici la fin de l’année, Intelcia Dreux compte passer à 700 collaborateurs, avec 150 postes supplémentaires à pourvoir pour soutenir le développement de nouvelles activités du groupe pour le compte de clients existants et de nouveaux clients dans les secteurs de la santé et de la grande distribution.

En France, les activités du groupe sont en grande partie concentrées dans les domaines du secteur public et parapublic, de la protection sociale, des télécoms, de la vente et de l’assurance.

Mais si le succès a été au rendez, le chemin de la gloire emprunté par le groupe marocain a été semé d’embûches. A part les traditionnelles tracasseries administratives sommes toutes habituelles et la nécessité pour le groupe de s’adapter à la législation française, Intelcia a dû faire face aux nombreux préjugés et autres clichés brandis par une certaine opinion publique dans l’hexagone rétive à tout ce qui est étranger, qui, plus est arabe, musulman et marocain.

Face au préjugé « les Marocains envahissent Dreux », brandi du temps où la main d’œuvre marocaine nécessaire pour l’industrialisation du département dans les années 1960 et 1970, le groupe Intelcia, basé à Casablanca, premier investisseur maghrébin sur le marché Français, a démontré que « les Marocains n’envahissent pas Dreux mais investissent dans Dreux », de l’aveu même des institutionnels français venus célébrer les dix années d’existence de l’entreprise.

Premier employeur privé de l’agglomération, Intelcia a permis la reconversion de ce territoire qui était auparavant industriel. « Intelcia, c’est une formidable aventure humaine qui a aidé à la renaissance d’un territoire en friche », a affirmé Wassim Kamel, Sous-Préfet de l’arrondissement de Dreux.

Sur dix ans, ce sont 3.000 personnes à qui on a tendu la main à un moment où un autre de leur vie, dont 80 pc sont des femmes. « Et c’est tout à l’honneur du groupe marocain qui a fait preuve d’humanité ».

Pour le Maire de la ville, Gérard Hamel, le groupe marocain est considéré à Dreux comme « un sauveur d’emplois», surtout après la fermeture de plusieurs sites industriels, une fermeture qui a laissé dans son sillage de nombreuses personnes sans emploi.

« Nous sommes fiers d’avoir sur notre territoire une si belle entreprise », a confié à la MAP le Maire de Dreux, ajoutant que « cette fierté se double aussi avec les relations amicales avec le Maroc qui sont historiques ».

La France et le Maroc entretiennent d’excellentes relations dans tous les secteurs y compris économique. « Et Intelcia est le bel exemple que l’on puisse avoir d’une entreprise marocaine qui est venue s’implanter sur Dreux et qui, aujourd’hui, a un rayonnement qui va bien au-delà de notre territoire », a tenu à souligner le Maire de Dreux.

Pour le PDG d’Intelcia, le site de Dreux est « une vraie réussite ». Cette réussite est aussi « un message d’espoir pour les Marocains et les entreprises marocaines qui veulent venir investir en France, que tout est possible et que l’on peut continuer à prospérer en France », affirme Karim Bernoussi.

Intelcia « sauveur d’emploi à Dreux ? ». Pour lui, le développement du groupe marocain en France à partir de fin 2009 était « une nécessité» car « nous sommes dans un secteur très compétitif, et rester uniquement au Maroc était pour nous risqué». « Nous avons donc décidé de nous développer en Europe, en France mais également au Portugal, et surtout en Afrique », affirme-t-il. « L’Afrique est un axe important pour notre développement car aujourd’hui ce continent va porter la croissance de demain », ajoute Karim Bernoussi qui ambitionne que le groupe marocain devienne le choix naturel des gros acteurs internationaux qui vont s’installer en Afrique.

Actuellement Intelcia est présent dans 6 pays africains avec 11.000 collaborateurs et l’ambition du groupe marocain est d’avoir une présence plus étendue dans le continent.

Au Maroc, Karim Bernoussi reconnait que la croissance du groupe, qui brasse 200 millions d’euros de chiffres d’affaires, « n’est plus aussi forte qu’elle l’était auparavant. « Aujourd’hui nous avons dépassé les 7000 collaborateurs au Maroc et je pense que le gros de notre croissance va se faire en chiffres sur les différents autres pays où nous sommes présents. Par contre, les métiers que nous allons offrir à nos collaborateurs, dans le Royaume, vont monter en gamme. On va leur proposer un travail plus valorisant », affirme le PDG d’Intelcia.

Le Groupe Intelcia ne compte pas en rester là. Il a décidé de se développer au Maroc et en Afrique, et même d’enjamber l’Atlantique pour tenter dans les prochains mois l’aventure US.

Au Maroc, Intelcia va se développer en procédant à la diversification de ses métiers : « Nous allons annoncer bientôt l’acquisition au Maroc d’une entreprise qui propose des services complètement différents de ce que fait un centre d’appel standard. En Afrique, le groupe marocain va continuer son développement en nouant des partenariats avec les donneurs d’ordre présents dans d’autres pays africains.

Créé en 2000, le groupe Intelcia fait aujourd’hui partie du Top 5 des outsourcers francophones à l’échelle Internationale et se classe au 6ème rang des acteurs de l’outsourcing sur le marché français.

Le groupe Intelcia propose une offre globale on shore et offshore et déploie ses activités dans 8 pays à travers 26 centres en Europe (France et Portugal), en Afrique (Maroc, Sénégal, Côte d’Ivoire, Cameroun) et dans l’Océan Indien (Madagascar et Maurice).

Le groupe marocain, qui a réalisé en 2018 un chiffre d’affaires de 200 millions d’euros, compte 13.000 collaborateurs de 26 sites répartis dans 8 pays : Maroc, France, Cameroun et Sénégal, Côte d’Ivoire, Ile Maurice, Madagascar et Portugal.

Son ambition est de devenir « un acteur global de l’outsourcing avec plus de 30.000 collaborateurs ». Un challenge que compte relever le PDG du groupe en poursuivant l’expansion géographique dans de nouveaux territoires et en lançant de nouvelles lignes de services d’externalisation y compris en USA. Objectif: doubler le chiffre d’affaires en 2020.

De belles perspectives qui semblent s’ouvrir au groupe qui occupe la 51ème position du top 500 des entreprises marocaines avec la 5ème plus forte croissance en termes de chiffre d’affaires.

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