Le Maroc veille à intégrer l’approche genre dans les politiques publiques afin de consacrer son institutionnalisation et consolider l’image d’un pays moderne, marqué par la cohésion sociale et l’égalité des chances, a indiqué, lundi à Rabat, la ministre de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la Ville, Nouzha Bouchareb.

Dans une allocution lue en son nom, lors d’un colloque sous le thème “Ville inclusive et sûre sensible au genre”, initié par l’association Jossour-Forum des femmes marocaines, en partenariat avec ONU-femmes, dans le cadre du projet “Rabat, ville sûre et sans violence pour les femmes et les filles”, Mme Bouchareb a souligné, en tant qu’acteur engagé dans cette initiative, qu’il s’agit d’une problématique importante qui nécessite de mieux coordonner les actions et les engagements de tous les acteurs pour des villes du 21-ème siècle productives, inclusives, durables, équitables et sûres.

“Il s’agit de réduire la fracture urbaine et intégrer toutes les composantes de la société, notamment les femmes et les jeunes, tels qu’énoncé dans les Objectifs de Développement Durable (ODD), en particulier l’ODD 11 qui appelle à faire en sorte que les villes et les établissements humains soient ouverts à tous, sûrs, résilients et durables”, a-t-elle fait observer.

Elle a affirmé, dans ce sens, que le Royaume a entrepris des efforts considérables dans le domaine des droits de la femme, surtout que la gent féminine constitue, aujourd’hui, un peu plus de la moitié de la population du Maroc, notant que ces avancées restent confrontées à de nombreux défis, notamment le changement des mentalités et des stéréotypes à l’égard des femmes, la consolidation des valeurs d’égalité et d’équité et la promotion des droits sociaux et économiques des femmes.

“Conscient de l’importance de la femme et de son rôle dans la société, notre Royaume a fait des droits de la femme une priorité, que ce soit en matière des droits civiques, sociaux, économiques ou politiques”, a-t-elle fait observer, relevant que les droits des femmes au Maroc ont connu des progrès tangibles et ont accumulé de nombreux acquis constitutionnels, législatifs, politiques et juridiques.

De son côté, la représentante du bureau multi-pays de l’ONU-femmes pour le Maghreb, Leila Rhiwi a, pour sa part, souligné que ce colloque s’inscrit dans le cadre d’un partenariat entre ONU-femmes et l’association Jossour forum des femmes marocaines, dans l’objectif d’appuyer des actions innovantes qui proposent des solutions durables à la sécurité et la mobilité urbaine des femmes et ayant un impact sur l’amélioration de leur accès à l’autonomisation économique.

Elle a indiqué que les femmes et les filles sont confrontées à plusieurs formes de violences sexuelles dans les lieux publics, ajoutant que la violence est présente dans la rue, les transports publics, les parcs, aux alentours des écoles et des lieux de travail et dans les quartiers.

“La violence empêche l’accès des femmes aux services de base et leur possibilité de profiter d’activités culturelles et récréatives, réduit leur capacité à participer à l’école, au travail et à la vie publique”, a-t-elle dit, notant que ce phénomène affecte également leur santé et leur bien-être.

Mme Rhiwi a, en outre, relevé que 1,7 millions de Marocaines ont été victimes de violence lors des 12 derniers mois et 49% des cas de violence recensés dans les espaces publics sont imputables au harcèlement sexuel, mettant la lumière à cet égard sur la nécessité d’agir sur le sentiment de sécurité des femmes au sein des espaces publics, puisque 75% d’entre elles estiment que la violence dans ces espaces a augmenté au cours des cinq dernières années, selon les statistiques du Haut-Commissariat au Plan (HCP).

Elle a également souligné que l’ONU-femmes a développé une initiative mondiale phare intitulée “Des villes sûres et des espaces publics sûrs” qui vise à réduire les violences à l’égard des femmes et des filles dans les espaces publics urbains, afin d’atteindre une plus grande autonomisation des femmes et une égalité entre les sexes.

Pour sa part, la présidente l’association Jossour forum des femmes marocaines, Oumayma Achour a indiqué que l’idée est de réunir tous les acteurs, notamment le ministère de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la Ville, le conseil communal de Rabat, la Commission régionale des droits de l’Homme de Rabat-Salé-Kénitra et des femmes citoyennes, afin de discuter et de débattre de ce sujet.

“Le droit de circuler librement dans les villes, les quartiers et les ruelles sans harcèlement est un droit humain et basique”, a-t-elle noté.

Le président du Conseil communal de Rabat, Mohamed Sadiki a, quant à lui, souligné que l’initiative “Villes sûres et sans violences à l’égard des femmes et des filles”, lancée en 2008 par l’ONU-femmes, constitue un événement majeur dans cette dynamique visant à donner aux femmes toute leur place dans l’espace public et à leur procurer un droit fondamental, qui est la sécurité.

Il a indiqué qu’au niveau du Maroc, Rabat a été la deuxième ville à rejoindre ce projet en 2015 et la 21-ème à l’échelle mondiale qui s’est inscrit dans ce partenariat, ajoutant que la capitale s’est engagée à mobiliser tous ses efforts et ses compétences pour faire réussir ce projet, dont l’enjeu dépasse de loin les questions sécuritaires.

“Concrètement, nous avons mené un plan d’action global qui s’appuie sur des réalisations de terrain, à la fois, ponctuelles et inscrites dans la durée, à savoir l’opérationnalisation de la feuille de route tracée initialement et qui vise à décliner les mesures sensibles au genre, à contribuer à la sécurisation des moyens de transport avec l’installation de caméras de surveillance et le renforcement des ressources humaines en la matière, ainsi qu’à contribuer à fluidifier le trafic afin de limiter les violences verbales ou physiques.

Dans la même optique, Rabat s’est engagée dans des perspectives visant, notamment, l’aménagement d’espaces associatifs et culturels dédiés exclusivement aux femmes et aux filles et la sensibilisation des organisations de la société civile.

Ont pris part à cette rencontre des représentants du ministère de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la Ville, de la commission régionale des droits de l’Homme de Rabat-Salé-Kénitra, de l’Institut national d’aménagement et d’urbanisme, de l’Agence marocaine pour l’efficacité énergétique et de la société civile.

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