Khadija Illa est le symbole de la femme battante qui a vaincu toutes les difficultés pour se forger une brillante carrière dans le monde du sport jusqu’à devenir présidente de la Ligue nationale de football féminin.

Mme Illa, 39 ans, a entamé son parcours sportif quand elle a intégré l’école primaire, aux côtés des enfants de son quartier populaire à Laâyoune, sans se soucier des traditions et des préjugés de la société sahraouie qui voit d’un mauvais œil la pratique des sportifs collectifs par une femme.

Après s’être essayée au handball, basketball et volleyball, elle décida, avec un groupe d’amies au lycée, de fonder un club de football féminin en dépit du manque criard de moyens et de l’absence d’encouragement de l’entourage.

Le “Club municipal de Laâyoune” occupe désormais une place de choix dans le monde du football féminin grâce à la persévérance, au combat quotidien et à la patience de cette femme hors-pair et de ses coéquipières.

“C’était un long et difficile parcours, plein d’embûches et de sacrifices en l’absence de soutien et d’accompagnement et en raison de la mentalité traditionnelle de la société qui pense que la place de la femme se trouve au foyer pour s’occuper de son mari et de ses enfants”, raconte-elle à la MAP avec un brin d’amertume, expliquant avoir vécu, avec ses coéquipières au club, la frustration et parfois les punitions et les réprimandes de la famille.

“Mais avec la force de la foi et de la détermination, ajoute-t-elle, nous avons réussi à bâtir une équipe forte de football féminin au Sahara et dans tout le Maroc”.

Avec nostalgie, elle affirme que ses ambitions étaient au départ à la hauteur des moyens très limités: Former une équipe de football féminin et participer aux tournois de football masculin organisés dans la région et dans les provinces du Sud.

Là encore, il fallait faire avec le manque de moyens et s’armer d’espoir pour pouvoir se déplacer dans d’autres villes et acheter les tenues de sport, des dépenses que sa famille modeste ne peut pas prendre en charge.

Mme Illa rend hommage au soutien apporté au club par les dirigeants du conseil communal de Laâyoune, et qui lui a permis d’enregistrer de bons résultats dans les compétitions aux niveaux local, régional et national, jusqu’à concourir pour le championnat national et la Coupe du trône.

“Grâce à ce soutien, nous avons réussi à avoir une équipe forte et compétitive, qui évolue en première division, qui a remporté la Coupe du trône, qui a été sacrée à quatre reprises championne du Maroc et qui a disputé des matches à l’étranger, en particulier à Las Palmas, en plus du match amical joué à Laâyoune face à l’équipe féminine de Barcelone”, a-t-elle expliqué.

Elle a confié que son rêve d’enfance était de devenir joueuse de football, de former un club féminin, de voir sa cité disposer de terrains de sport, d’être le symbole de la femme battante et d’occuper une responsabilité dans la gestion du football. “Et Dieu merci, se réjouit-t-elle, ce rêve est devenu une réalité et maintenant je suis devenue la première femme d’origine sahraouie qui gère les affaires du football féminin au Maroc”.

Elle a assuré en conclusion que le football féminin se développe à un rythme satisfaisant au Maroc et dans les provinces du Sud en particulier, et qu’elle ne ménagera aucun effort, en tant que présidente de la Ligue national de football féminin, pour encourager la femme à pratiquer le football.

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