La pandémie de Covid-19 n’a pas arrêté les conflits, a regretté lundi à Genève le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), relevant que le nombre de déplacés a pratiquement franchi le cap des 80 millions.

“Les conflits, la violence, la discrimination, les violations des droits de l’homme, les crises politiques ont fait grimper le nombre de personnes déplacées de force à près de 80 millions – le double du chiffre d’il y a dix ans à peine”, a déclaré Filippo Grandi, Haut-Commissaire de l’ONU pour les réfugiés, à l’ouverture de la 71ème session du comité exécutif du HCR.

Le chef de l’agence onusienne s’est notamment inquiété de la situation au Sahel où « une crise politique, sécuritaire et humanitaire a déplacé des millions de personnes ». « Au début de cette année, je me suis rendu dans la région. Peu de situations m’ont autant choqué », a déclaré le Haut-Commissaire, dénonçant les brutalités, y compris les histoires horribles d’assassinats de parents devant leurs enfants.

Plus de 600.000 personnes ont été donc forcées d’abandonner leur maison, a-t-il dit, notant que ces dernières années, plus de 3.600 écoles ont été détruites ou fermées, et « le pire, des milliers de femmes ont été violées ».

Tout en soulignant la responsabilité première de groupes armés, il a aussi dénoncé certaines actions militaires menées par les Etats de la région. « Certaines des actions militaires menées par les États de la région ont également forcé des personnes à fuir leurs foyers, causé des souffrances et créé des divisions », a ajouté M. Grandi.

S’il n’est pas facile de trouver une solution globale s’attaquant à toutes les causes profondes, le chef du HCR estime qu’il faut « redonner un sentiment d’urgence à la réponse au Sahel ». « Et si les problèmes de sécurité massifs causés par les groupes armés prévalent, les solutions ne peuvent être trouvées uniquement en regardant à travers le prisme sécuritaire », a insisté le Haut-Commissaire de l’ONU pour les réfugiés.

 

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