“Au Nom des miens”, une exposition individuelle de Hassan Bourkia, qui est l’aboutissement de plusieurs années de rencontres et de recherches artistiques de cet artiste plasticien, prendra ses quartiers du 12 décembre au 27 février prochain au “Comptoir des Mines Galerie” à Marrakech.

Reportée à plusieurs reprises, cette exposition se veut un “hommage à la vie, à l’espoir et aux rencontres qui marquent l’existence”.

M. Bourkia “a beaucoup attendu avant de dévoiler un drame intime qui a fait de lui l’artiste et l’homme qu’il est aujourd’hui”, souligne la Galerie dans un communiqué, ajoutant que “souvent suggéré dans ses précédentes œuvres, il a longtemps esquissé les pourtours de cette genèse sans en donner toutes les clefs”.

“La cendre, les brûlures et les débris calcinés n’ont jamais été des matériaux innocents au service de l’œuvre d’art. Ils peuplent l’univers de Hassan car ils font partie intégrante de sa propre histoire”, lit-on dans le communiqué.

Et de poursuivre que “les cicatrices lisibles sur ses œuvres sont d’abord les siennes, inscrites dans sa mémoire, et l’oxydation apparente de certains matériaux est avant tout la métaphore qu’il utilise pour aborder l’altération de ses propres souvenirs”.

“D’ailleurs, qui d’entre nous n’a pas enfoui dans sa mémoire profonde ses propres drames et déchirures pour se reconstruire ?”, s’interroge la même source.

“Il n’y a pas de plus difficiles constats que ceux subis dans sa propre chair comme une injustice du destin, et c’est dans le creux du corps que naît la révolte”, aime dire M. Bourkia, cité dans le communiqué.

La révolte de cet artiste plasticien s’exprime avant tout dans ses différentes pratiques artistiques pour combattre l’oubli qu’il redoute. Se souvenir, ne rien oublier, ne rien gâcher, l’invitent à travailler sans relâche à “l’amplification de sa mémoire”, concept qu’il développe depuis plusieurs années.

“Au nom des miens” invite ainsi à prendre conscience du “rôle et du poids de ceux qui, depuis les cellules familiales et amicales, forgent notre personnalité”, relève la Galerie.

“C’est la forme que prend +le pardon+ chez Hassan qui est belle à découvrir et comment il le traduit en expressions artistiques, notes de voyages, et en livres. Il nous enseigne à notre tour comment affronter la main du destin sans jamais la qualifier d’injuste”, souligne le communiqué.

Avec cette exposition inédite rendue possible grâce au soutien du ministère de la culture, “le Comptoir des Mines écrit une nouvelle page de sa jeune histoire en accueillant un tel projet et espère renaître après la pandémie du Covid-19”.

Né le 19 décembre 1956 à El Ksiba, dans la province de Béni Mellal, M. Bourkia est écrivain, traducteur et artiste plasticien. Il enseigne la littérature depuis 1982, et expose dès le début des années 1990 dans les plus importantes galeries au Maroc et dans différents lieux à l’étranger.

Il a participé récemment à la Biennale d’art contemporain de Buenos Aires (Bienalsur), et ses œuvres font partie de grandes collections privées et de Musées.

Hassan Bourkia explore depuis plusieurs années les champs de la mémoire pour parler des drames de l’immigration et des souffrances provoquées par les traumas des conflits de par le monde. Il tire de sa propre vie l’expérience d’un apocalypse intime qui le pousse à travailler sur des blessures collectives utilisant la notion d’archives et de fragments.

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