Le gouvernement colombien a de nouveau accusé le régime vénézuélien de Nicolás Maduro, d’abriter et de protéger des chefs de l’Armée de libération nationale (ELN), dernière guérilla active dans le pays sud-américain.

“Les chefs de l’ELN reçoivent des soins médicaux au Venezuela, sont implantés dans ce pays, détiennent des comptes bancaires, blanchissent de l’argent, font du tourisme et possèdent des biens alors que les autorités (vénézuéliennes) ne font rien”, a déclaré le ministre colombien de la Défense, Guillermo Botero.

M. Botero a tenu ces propos lors d’une conférence de presse conjointe à Bogotá avec son homologue des Relations extérieures, Carlos Holmes Trujillo, et le procureur général, Fabio Espitia, suite à la polémique qui a éclaté après la publication par le journal “El Colombiano” d’informations selon lesquelles le rapport remis la semaine dernière par le président colombien Ivan Duque à l’ONU contenait de fausses informations notamment pour une photographie sur des guérilleros de l’ELN au Venezuela.

Les chefs de l’ELN au Venezuela “ne sont ni persécutés ni traités comme des criminels”, a dit le ministre, selon lequel les guérilleros “s’entraînent sur le territoire vénézuélien et planifient l’exécution d’attaques contre des citoyens et des sites stratégiques de la Colombie”.

“Ce qui compte, c’est la grave menace que le régime de Maduro fait peser sur la paix en Colombie et dans la région”, a pour sa part indiqué M. Trujillo, estimant qu’”il ne faut pas dévier l’attention du principal à l’accessoire. Nous ne pouvons pas être distraits”.

Lors de cette conférence de presse, le directeur de la police nationale, le général Óscar Atehortúa, a présenté un nouveau rapport de 27 pages contenant, selon lui, des preuves sur le soutien du régime vénézuélien à des groupes armés organisés de Colombie.

Mercredi dernier, le président colombien avait accusé, du haut de la tribune de l’Assemblée général de l’ONU, le régime chaviste de Nicolás Maduro d’abriter et de protéger des chefs des groupes armés notamment ceux de l’ELN et des dissidents des ex-Farc.

Les relations entre la Colombie et le Venezuela, qui partagent une frontière commune de plus de 2.000 km, se sont détériorées depuis la reconnaissance le 23 janvier dernier par Bogotá du chef de file de l’opposition vénézuélienne, Juan Guaido, en tant que président par intérim du pays caribéen.

Un mois plus tard, Nicolas Maduro a annoncé la rupture des relations diplomatiques avec la Colombie, tout en ordonnant la fermeture des frontières entre les deux pays.

Bouton retour en haut de la page
Fermer