L’élection de Mme Ekaterini Sakellaropoulou au poste de présidente de la Grèce n’a surpris personne. Dès l’annonce de sa candidature, un consensus s’est vite formé à la Vouli (Parlement) qui a lui accordé une large majorité, une première dans les annales politiques du pays considéré comme un facteur de stabilité et de culture dans la région de la Méditerranée Orientale.

Certes, avec ce choix, la Grèce gagne en prestige et donne l’image d’un pays moderne, prouvant par la même la vocation historique qu’elle incarne, le berceau de la démocratie à une différence près, cette fois-ci, ce sont les Grecques qui sont honorées et reprennent le flambeau pour le développement.

Les qualités ayant prévalu pour l’élection de Mme Ekaterini Sakellaropoulou concernent en premier ses compétences avérées, son courage mais surtout l’unanimité dont elle a fait l’objet.

Cette magistrate apolitique est connue pour ses «décisions révolutionnaires pour un juste équilibre entre la protection de l’environnement et le développement économique», a affirmé le Premier ministre, Kyriakos Mitsotakis, qui l’avait proposée à être la première femme présidente de la République hellénique.

Le choix de Mme Sakellaropoulou (63 ans) “incarne l’unité et le progrès”, rompt avec la tradition et s’inscrit hors des partis politiques, a-t-il dit, ajoutant que “le moment est venu pour que la Grèce s’ouvre sur l’avenir”.

Juriste distinguée, Mme Sakellaropoulou a un profil conforme à la tradition du Premier ministre de choisir un président qui n’est pas de son propre parti.

Avant d’être élue chef de l’Etat, elle était présidente du Conseil d’Etat, le plus haut tribunal administratif du pays.

Même si le président du parti d’opposition “Syriza”, Alexis Tsipras, a soutenu le président sortant, Prokopis Pavlopoulos, pour un second mandat, il n‘a pas manqué d’exprimer son appui à Mme Sakellaropoulou.

C’est dire combien son élection apporte un esprit de consensus indispensable en cette conjoncture difficile marquée par de “graves menaces géopolitiques”, estiment nombre de diplomates en mission à Athènes.

Née à Thessalonique (nord), Mme Sakellaropoulou, mère d’un enfant, a fait ses études à l’université de Droit d’Athènes et à l’université de Paris II en France, et s’est surtout distinguée dans les affaires de protection de l’environnement.

Certes, le chef de l’Etat en Grèce n’a que des fonctions essentiellement honorifiques mais son rôle est hautement symbolique.

Durant son mandat de cinq ans, le président approuve les gouvernements et les lois. Selon la Constitution du pays, le chef de l’Etat et des forces armées a également le pouvoir de déclarer la guerre, mais uniquement avec l’accord du gouvernement.

Dans une déclaration à la presse, Mme Sakellaropoulou a affirmé que son élection est un honneur pour elle, pour la justice et pour “la Grecque d’aujourd’hui”.

Aussi, elle s’est dite prête «à se consacrer avec toutes ses forces à ce haut devoir», marquant un nouveau départ pour le pays.

Une chance pour la Grèce qui affirme « sa position légitime et décisive » dans le monde moderne en ayant pour la première fois une femme au plus haut échelon de l’Etat, a déclaré le président du Parlement hellénique, Constantin Tassoulas.

Les propos de M. Tassoulas ne sont pas anodins, les experts les partagent, mettant en avant l’importance du choix d’une juriste chevronnée dans une société qui reste patriarcale et dans un contexte régional marqué par des défis géopolitiques majeurs.

C’est justement dans cette optique que l’élection de Mme Sakellaropoulou est perçue par les analystes de la scène politique grecque comme une grande avancée pour inverser la situation dans un pays qui fait partie d’une région traversée par de nombreux conflits.

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