Après le déconfinement scolaire, celui des bureaux de vote? L’organisation dès le mois de juin du second tour des municipales sera au coeur mercredi des discussions d’Edouard Philippe avec les chefs de parti après l’avis précautionneux, mais pas négatif du Conseil scientifique.

C’est armé de ce rapport du Conseil scientifique, publié mardi matin, que le Premier ministre doit se prononcer sur la poursuite du processus électoral dans environ 5.000 villes où le 1er tour le 15 mars n’avait pas été décisif, avant le confinement lié au coronavirus.

Selon son entourage, Edouard Philippe tranchera “dans les jours à venir”.

Très prudent et sans s’avancer sur une date précise, le Conseil scientifique, chargé d’éclairer la décision publique, observe certes que “la situation sanitaire s’est nettement améliorée par rapport au début du confinement”.

Le bilan de l’épidémie a été revu à la baisse mardi soir, à au moins 28.022 morts, en raison de chiffres révisés à la baisse dans les Ehpad et établissements médico-sociaux, alors que le nombre de décès dans les hôpitaux s’élève de son côté à 17.714, soit 125 de plus que lundi.

Mais, ajoute le Conseil, il est “difficile d’anticiper une situation incertaine pour les semaines à venir”. Au point qu’il estime nécessaire de procéder à une nouvelle évaluation des conditions sanitaires 15 jours avant la date retenue, si les élections avaient lieu en juin, probablement le 28.

En cas de perspectives négatives, serait alors justifiée “une nouvelle interruption du processus électoral”, souligne le panel d’experts.

Parmi les arguments paraissant plaider pour une tenue du second tour le mois prochain, le fait qu’elle permette de clore le chapitre. “La tenue d’un seul tour de scrutin plutôt que deux, indépendamment des dates retenues, est de nature à réduire les risques sanitaires, au sens statistique du terme”, note le Conseil.

Les membres du Conseil mettent toutefois en garde contre les “risques sanitaires importants” liés à la campagne électorale, qui devra être “profondément modifiée”. Dans leur viseur, les “meetings électoraux” ainsi que les distributions de tracts et autres réunions d’appartement.

Le gouvernement a dit qu’il ne trancherait pas tout de suite, souhaitant s’assurer d’un consensus politique large sur la date afin d’éviter les critiques qui ont accompagné la tenue du premier tour en mars. “Aujourd’hui cette décision n’est pas prise”, a martelé sur France 24 la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye.

Mardi soir, Emmanuel Macron a reçu par visio-conférence une vingtaine de maires, dont Anne Hidalgo (Paris), Jean-Claude Gaudin (Marseille), Gérard Collomb (Lyon) ou encore François Baroin (Troyes) par ailleurs président de l’Association des maires de France.

“L’ensemble des intervenants ont fait part de leur souhait de voir les élections et le second tour se dérouler au plus vite. La date du 28 juin a été évoquée”, a affirmé le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, s’exprimant à la fin de la réunion.

Il a précisé que le gouvernement serait “amené à remettre un rapport au parlement qui déterminera la méthode” à mettre en oeuvre.

 

 

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