Le secteur de la formation professionnelle accompagne auprès des autres composantes du système éducatif les efforts déployés au niveau national pour l’amélioration des formations proposées à une large couche de la jeunesse marocaine, lui garantissant ainsi l’accès au marché du travail.

Compte tenu des divers enjeux qu’impose le développement rapide des secteurs de production du tissu économique national, le secteur de la formation professionnelle se doit de suivre cette évolution, en présentant une offre de formation adaptée aux besoins du marché national du travail.

La capacité des 384 établissements de formation professionnelle affiliés à l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du Travail (OFPPT) est de 400.000 stagiaires au titre de l’année scolaire 2020-2021. Cette offre de formation prévoit 176.182 places pédagogiques pour les niveaux technicien spécialisé et technicien, 80.929 stagiaires pour les niveaux qualification et spécialisation et 29.667 stagiaires pour le baccalauréat professionnel.

Récemment, le ministre de l’Éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, porte-parole du gouvernement, Saaid Amzazi a indiqué, qu’il sera procédé à la suppression de 109 filières de formation existantes pour leur incapacité à offrir des débouchés et à être attractifs pour l’emploi et à la préservation de 15% seulement de la totalité des formations existantes.

Il sera, également, procédé à la mise en place de nouvelles filières, à hauteur de 42%, et à la mise à jour de 43% des filières, a-t-il précisé.

Le responsable gouvernemental a, dans ce sens, fait savoir que le ministère travaille sur une série d’études sectorielles annuelles, puisqu’il a effectué en 2020 cinq études en matière de guides des métiers et de l’artisanat et de référentiels pour les métiers et les compétences.

A cet égard, le conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique a essentiellement consacré son rapport de mars 2019, à la formation professionnelle initiale (FPI), à même de constituer un cadre de référence stratégique et une feuille de route pour la refondation du système de formation professionnelle.

Intitulé “Formation professionnelle initiale: Clés pour la refondation”, le rapport relève que la formation professionnelle recèle un potentiel important de création de richesses et de promotion sociale et représente de ce fait un enjeu majeur pour l’économie et la société.

L’état des lieux dressé dans la première partie du rapport fait ressortir les acquis substantiels enregistrés par le dispositif de formation professionnelle depuis sa mise en place notamment, l’élaboration de modes de formation consacrant l’entreprise comme espace privilégié de la formation à travers l’instauration des modes alternés et par apprentissage ou encore, la diversification des filières de formation avec l’ambition d’accompagner efficacement les grands chantiers économiques du pays.

Cependant, le dispositif de formation professionnelle souffre de dysfonctionnements structurels qui l’empêchent d’atteindre les objectifs escomptés, en particulier un modèle bâti sur la base d’une imbrication de types, de modes et d’approches de formation sans réelle cohérence, une insuffisance des budgets octroyés, aggravée par une faible rationalisation et optimisation des ressources allouées ou encore un déphasage avec la réalité des besoins économiques et sociaux sur les plans quantitatif et qualitatif, corroboré par des taux bas d’insertion et d’emploi comparativement à l’enseignement général.

Le rapport propose une architecture intégrée des parcours de formation se déclinant en cycles, à savoir le cycle obligatoire avec, au niveau du primaire une initiation aux activités et travaux pratiques à caractère manuel et une sensibilisation aux divers métiers et au niveau du collège l’intégration d’une dimension professionnelle dans le cursus collégial et une formation qui sera générale pour tous les apprenants de ce cycle.

Concernant le cycle du secondaire qualifiant, il s’agira d’un parcours qualifiant professionnel débouchant sur un Baccalauréat professionnel, tandis que le cycle de l’enseignement supérieur offrira entre autres, les mêmes perspectives de poursuite des études supérieures que le baccalauréat général.

Par ailleurs, le rapport propose également la mise en place d’un modèle pédagogique rénové, offrant notamment, un mode unique d’alternance, intégré dans tous les cursus à vocation professionnelle et une offre de formation « nouvelle génération » », basée sur une révision régulière des programmes de formation professionnelle pour les adapter aux spécificités et besoins nationaux, locaux et régionaux.

De même, poursuit le document, une ingénierie de formation basée sur l’acquisition des compétences nécessaires à l’exercice des emplois et à l’amélioration de l’employabilité est de mise, tout en veillant à diversifier les approches pédagogiques.

Le conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique n’a pas manqué d’appeler dans son rapport à la rénovation du système d’orientation des jeunes pour une meilleure lisibilité des parcours d’enseignement et de formation, le renforcement des capacités professionnelles des intervenants dans le processus de formation, le réaménagement du modèle de gouvernance et de financement ainsi que la revalorisation de la formation professionnelle.

A cet effet, une refondation ne peut aboutir sans la conjonction de quelques prérequis, à savoir la mise à niveau des opérateurs en charge de la formation professionnelle afin qu’ils intègrent les transformations induites par la refondation de la formation professionnelle, l’activation du rôle des Régions dans le développement de la formation professionnelle, l’engagement d’un véritable partenariat avec le monde économique dans le cadre d’une relation gagnant-gagnant, l’arrimage des politiques de formation à celles de l’emploi et la mise en place d’une politique d’appui social au profit des jeunes déscolarisés et sans qualifications professionnelles, ainsi que la mise à niveau du cadre juridique de la formation professionnelle.

Ainsi, l’ambition de refondation ne va pas sans une conscience aiguë des difficultés inhérentes à l’implantation de tout changement.

La formation professionnelle recèle un potentiel important de création de richesses et de promotion sociale et représente de ce fait un enjeu majeur tout à la fois pour les citoyens, les entreprises et les pouvoirs publics. Agissant comme un levier d’amélioration du niveau économique et social, elle permet le renforcement des capacités des individus face au marché de l’emploi, l’amélioration de la compétitivité des entreprises ou encore, l’insertion sociale des catégories en situation de précarité ou de handicap.

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