Aghmat est une ville médiévale marocaine d’importance particulière qui rappelle une histoire glorieuse regorgeant d’éléments de la culture matérielle, notamment l’architecture, a estimé, jeudi à Rabat, un panel d’archéologues de renom.

Cette ville des plaines du haut atlas “fût capitale du Maroc à l’ère des Almoravides, bien avant la fondation de la ville de Marrakech (1057-1070)”, a fait savoir l’enseignant chercheur en histoire et archéologie médiévales au Maroc, Abdallah Fili, dans une déclaration à la MAP lors d’une conférence sur le thème “Aghmat, la découverte et la mise en valeur d’une capitale marocaine”, organisée jeudi par le Musée de Bank Al-Maghrib, en marge de l’exposition temporaire “Aghmat, passé rayonnant d’une cité marocaine”, qui se tient à Rabat du 5 mars au 31 décembre 2020.

La construction d’Aghmat est très ancienne et remonterait à la période pré-islamique au Maroc, a tenu à préciser ce professeur de l’université Chouaib Doukali à El-Jadida, ajoutant qu’elle fût également, à la fin du 10è siècle, capitale de l’émirat des Maghrawa, connue principalement par une personnalité célèbre à l’époque, Zaynab Nefzaouia.

“Les fouilles entreprises autour du site Aghmat depuis 2005, en partenariat entre le secteur privé et le ministère de la Culture et l’Institut national des sciences de l’archéologie et du patrimoine (INSAP), ainsi que la Direction du Patrimoine culturel, ont permis la découverte des monuments distingués notamment le Hammam qui remonte au 10e siècle et la mosquée d’Aghmat qui a contribué au rayonnement du rite Malékite et du soufisme marocain du 11e à la fin du 14e siècle”, ce qui fait de cette cité la “plus ancienne Zaouiya marocaine”, a-t-il fait savoir.

De son côté, le responsable du département Musées de Bank Al-Maghrib, Rochdi Bernoussi a souligné, dans une déclaration similaire, que cette exposition numismatique vise à “rendre hommage” à cette ville qui a contribué au rayonnement de la civilisation arabo-musulmane au Maroc et qui n’a pas eu l’intérêt qu’elle méritait.

“Cette conférence va lier la discussion sur l’héritage archéologique, historique mais également numismatique et culturelle de cette cité qui fût l’une des grandes cités de l’ère médiévale marocain”, a-t-il noté.

Pour sa part, M. Youssef Khiara, Directeur du Patrimoine au Ministère de la Culture, qui a modéré cette conférence, a mis en lumière le potentiel archéologique marocain en mettant en exergue l’aspect monumental de l’archéologie marocaine.

S’attardant sur le potentiel économique de ce patrimoine, M. Khiara a mis en exergue, outre l’importance de la protection et la conservation, la mise en valeur de sites archéologiques nationaux pour qu’ils puissent dépasser l’intérêt “historique” pour une vocation économique.

Pour leur part, les professeurs de l’INSAP, MM. Ahmed Saleh Ettahiri et Mohamed Belatik, ont abordé respectivement le rôle économique de la cité d’Aghmat et les différentes opérations de protection et de conservation menées sur le site depuis la reprise des recherches en 2005.

Les participants à cette conférence ont suivi un exposé sur un projet de réhabilitation du site archéologique, présenté par Amine Lakhlifi, lauréat de l’École d’Architecture de Marrakech.

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