Une nouvelle stèle commémorative a été érigée, mardi au cimetière de Fès, en hommage à  l’artiste peintre feu Jilali Gharbaoui, à l’initiative de la Wilaya de la région de Fès-Meknès, du ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports et de la Fondation nationale des musées.

“Il s’agit d’un grand jour pour moi car nous rendons hommage à l’un des grands créateurs et des grands artistes de ce pays”, a indiqué à la MAP, le président de la Fondation nationale des musées (FNM), Mehdi Qotbi, ajoutant que “depuis l’accession de SM le Roi au Trône, l’art, la culture et les artistes ont pris la place qui leur revient”.

Pour M. Qotbi, feu Gharbaoui “a tracé la voie aux artistes de la modernité et a remis en cause l’art classique”.

Dans une déclaration similaire, l’artiste peintre Fouad Bellamine s’est dit fier de son pays “qui a pu réaliser aujourd’hui quelque chose d’extraordinaire à savoir la pose d’une nouvelle stèle pour l’artiste feu Jilali Gharbaoui.

“C’est un grand jour pour la culture marocaine car nous vivons un moment de reconnaissance collective et artistique à l’égard de Jilali Gharbaoui”, s’est réjoui, de son côté, le poète Mohammed Bennis.

“Cet homme a tout donné pour le Maroc, l’art et la liberté de l’artiste” a-t-il dit, notant que “ce jour marque le début d’une nouvelle page de reconnaissance quant à la contribution des artistes et des hommes de lettres au développement du pays”.

Feu Jilali Gharbaoui “a mené une vie dure pour devenir et rester artiste et a permis l’ouverture de l’art marocain sur la modernité, la liberté et la créativité”, a-t-il tenu à souligner.

“Cinquante ans après la disparition de l’artiste Jilali Gharbaoui, le précurseur de l’abstraction gestuelle au Maroc et l’un des piliers de la modernité artistique nationale, une grande exposition consacrée à son œuvre se tient actuellement au Musée Mohammed VI d’Art Moderne et Contemporain”, indique la FNM.

Né en 1930 à Jorf El Melha dans la région de Sidi Kacem, Jilali Gharbaoui décède à Paris en 1971, alors qu’il n’avait que 41 ans. Placé dans un orphelinat à l’enfance puis livré à lui-même à l’adolescence, Gharbaoui sera un homme “seul”, en quête de lumière et de liberté.

Très jeune, Gharbaoui peint avec un sens “inné” de geste spontané, comme il est conscient de son attirance pour l’abstraction. Il obéira ainsi toute sa vie à son instinct et à une expressivité lyrique, allant parfois jusqu’aux confins de l’inconscient dans sa quête de lumière, selon un document de présentation de l’exposition.

Sa “gestualité impulsive traduit bien l’hyper-émotivité du personnage, le côté vibratile de ses pulsions physiques et mentales”, note Restany en 1990, cité dans le document.

Ayant passé une enfance difficile, Gharbaoui a fait de son art l’expression de ses angoisses et de ses douleurs en se projetant dans une quête spirituelle et mystique canalisée par la recherche inlassable de la lumière.

Premier lauréat marocain de l’Ecole Nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, il crée ses premiers tableaux gestuels abstraits, prend part à des biennales et nourrit sa création d’artistes européens.

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