Environ 970.000 personnes devraient faire face à une “famine catastrophique” si aucune mesure n’est prise en Afghanistan, en Éthiopie, au Soudan du Sud, en Somalie et au Yémen, selon les données d’un rapport de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM) publié mercredi.

Jusqu’à 26 millions de personnes devraient atteindre “des niveaux d’insécurité alimentaire de crise ou pire (Phase 3 de l’IPC et plus) en Somalie, dans le sud et l’est de l’Éthiopie et dans le nord et l’est du Kenya”, signale le rapport qui met la lumière sur “19 points chauds de l’insécurité alimentaire dans le monde”.

Sans une réponse humanitaire adéquate, les analystes s’attendent à ce que d’ici décembre, jusqu’à deux personnes sur 10.000 mourront chaque jour alors que des centaines de milliers de personnes sont déjà confrontées à la famine aujourd’hui avec des niveaux de malnutrition élevés chez les enfants de moins de 5 ans.

Selon le rapport, l’Afghanistan, l’Éthiopie, le Nigéria, le Soudan du Sud, la Somalie et le Yémen restent en « état d’alerte maximale » en tant que points chauds, représentant à eux seuls près d’un million de personnes confrontées à des niveaux de faim catastrophiques (IPC Phase 5 « Catastrophe »).

La situation de la République démocratique du Congo, de Haïti, du Kenya, du Sahel, du Soudan et de la Syrie demeure également “très préoccupante”, estime le document, relevant que, le Guatemala, le Honduras et le Malawi ont été ajoutés, pour leur part, à la liste des pays menacés par la faim.

Les experts prévoient la continuité de cette tendance, avec une préoccupation particulière pour l’Éthiopie, où une intensification des conflits et de la violence interethnique dans plusieurs régions devrait encore s’aggraver, entraînant une augmentation des besoins humanitaires.

Des inondations dévastatrices ont touché “33 millions de personnes rien qu’au Pakistan cette année et le Soudan du Sud fait face à une quatrième année consécutive d’inondations extrêmes”.

Pendant ce temps, pour la première fois en vingt ans, l’événement climatique La Niña s’est poursuivi pendant trois années consécutives, affectant l’agriculture et causant des pertes de récoltes et de bétail dans de nombreuses régions du monde, notamment en Afghanistan, en Afrique de l’Ouest et de l’Est et en Syrie, explique le rapport.

Sur le plan économique, “les prix mondiaux persistants des denrées alimentaires, du carburant et des engrais continuent d’entraîner des prix intérieurs élevés et une instabilité économique”.

De nombreux gouvernements sont contraints d’introduire des mesures d’austérité affectant les revenus et le pouvoir d’achat, en particulier parmi les familles les plus vulnérables, poursuit le rapport, indiquant que ces tendances devraient s’accentuer dans les mois à venir.

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