Le Musée Yves Saint-Laurent (YSL) à Marrakech présente, jusqu’au 30 mai prochain, une exposition qui rend un grand hommage à Bert Flint et dessine le portrait de ce regardeur passionné, qui a su mesurer, par sa proximité avec les différentes cultures marocaines et subsahariennes, leur caractère paradigmatique.

Elle regroupe plus de 200 œuvres de sa collection personnelle que Mouna Mekouar, commissaire de cette exposition, a volontairement sélectionnées avec la complicité de M. Flint, indique un communiqué de la Fondation Jardin Majorelle.

Et la même source d’enchaîner que “tous ces objets témoignent de son regard sur la diversité et de la richesse des traditions rurales et amazighes qui se sont épanouies de l’Atlas à l’Anti-Atlas et du Sahara au Sahel”.

Cette exposition s’inscrit aussi dans le cadre d’”une longue histoire d’amitié, d’admiration et de collaboration entre la Fondation Jardin Majorelle et Bert Flint”, lit-on dans le communiqué, qui précise que “suite à la généreuse donation faite en 2015 par ce dernier au Musée Pierre Bergé des Arts Berbères, il revenait à la Fondation de lui rendre hommage, avec un ouvrage exhaustif publié en 2018, et désormais, avec cette exposition”.

“Pensée comme un vaste poème visuel, l’exposition suit la démarche de Bert Flint, en privilégiant un langage formel. Vanneries, poteries, parures, amulettes, textiles et maroquineries dessinent, ensemble, un paysage emblématique de sa pensée et de son regard sur ces territoires”, relève le document.

Ainsi assemblés, ces objets “nous invitent à repenser notre approche des productions artistiques de ces différentes régions”.

Comme un voyage imaginaire, l’exposition “traverse les territoires et les sites allant de Marrakech à Tafilalet jusqu’aux régions subsahariennes, du Niger à la Mauritanie”.

Chaque étape du parcours est en lien avec une de ces régions qui, porteuse de son histoire, enrichit et transforme les autres régions au contact des populations nomades ou semi-nomades.

Riche de ces échanges, chaque objet exposé est en réalité témoin et indice de pratiques culturelles partagées et atteste de la présence d’un socle culturel commun, souligne la même source.

“Avec cette mosaïque qui se développe de part et d’autre, du Maroc au Sahel, il s’agit aussi de penser tous ces mondes comme une seule entité culturelle et artistique”, explique-t-on, ajoutant que dans cette perspective, l’exposition parle du regard de Bert Flint sur les œuvres et les mondes qu’elles suggèrent.

“Les œuvres parlent aussi les unes des autres, nous renvoyant une certaine image de cette géographie artistique. Est-Ouest, Nord-Sud, les échanges et les circulations sont comme des traits d’union culturels reliant les traditions marocaines à l’Afrique subsaharienne”, note le communiqué.

Et de poursuivre que par ces jeux de rapprochements et de renvois, l’exposition “porte une nouvelle attention à ces cultures et tente de rendre manifestes les apports mutuels de tous ces décors et motifs”.

“Elle semble nous dire beaucoup sur Bert Flint mais aussi sur notre monde et se fait l’écho des territoires qu’il a traversés et des cultures qu’il aime”, explique-t-on.

Et de conclure que cette exposition, à l’image de la pensée de Bert Flint, “tire sa force de cette façon d’être totalement en phase avec notre époque, une façon d’être profondément contemporaine”.

Né en 1931 aux Pays-Bas, Bert Flint est diplômé de l’Université d’Utrecht. Depuis 1957, il habite Marrakech où il était venu enseigner l’espagnol. Passionné des arts populaires marocains, Flint effectue des recherches sur différents aspects de la culture amazighe et collectionne des objets depuis plus de soixante années.

Ardent défenseur de la culture rurale marocaine, il ouvre, en 1996, son propre musée à Marrakech, le Musée Tiskiwin, qu’il finance de manière autonome et où il partage avec le public une collection comprenant des costumes, des bijoux, des meubles, des tapis et des textiles provenant principalement de la Vallée du Souss et de la région subsaharienne du Royaume.

Au travers de ses collections, il témoigne des liens profonds qui unissent le Maroc et sa culture au monde subsaharien.

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