La crise internationale que subit le secteur des exportations dans le monde a montré que l’innovation et l’adaptation des opérateurs économiques à leur nouvel environnement étaient des leviers incontournables de compétitivité, a indiqué le président de l’Association Marocaine des Exportateurs (ASMEX), Hassan Sentissi El Idrissi.

M. Sentissi, qui s’exprimait jeudi à l’occasion d’un webinaire sous le thème “L’innovation, puissant levier pour booster vos capacités d’export”, a noté que “le Maroc l’a vécu en grand dans la gestion de la production et l’exportation des masques et dans la conception et la fabrication du premier respirateur artificiel 100% marocain”, selon un communiqué de l’ASMEX.

Et de poursuivre qu’au lendemain de la secousse du Coronavirus, les flux du commerce international ont été particulièrement chamboulés et les opérateurs se sont rendus compte qu’il n’y avait plus d’acquis et qu’il y avait une nouvelle place à prendre par les exportateurs africains en général et marocains en particulier dans le nouvel échiquier mondial, notant qu’une seule condition cependant… innover pour trouver de nouveaux marchés, de nouveaux clients, de nouvelles approches et parfois même de nouveaux produits.

L’innovation est un outil de différenciation indispensable pour le développement des entreprises que ce soit au niveau national ou international, a-t-il insisté, expliquant que c’est un élément permettant de s’aligner, voire dépasser la concurrence étrangère et donc aller de l’économie marocaine vers l’avant.

De son côté, Salim Berbache, ‎associé au sein du ‎Cabinet Ucotra Consulting et expert en management et innovation a fait savoir que l’innovation pouvait être traduite dans le contexte global de l’entreprise par la capacité à apporter des réponses appropriées aux facteurs d’influence externes et internes, ou encore à générer une valeur ajoutée et à pouvoir la recréer au fil du temps.

Selon lui, l’innovation se produit dans tous les domaines de l’économie et pas seulement dans les grandes entreprises de haute technologie, en conséquence, la création et le soutien d’écosystèmes et de réseaux d’innovation est devenu une priorité pour de nombreux pays, dont le Maroc.

L’innovation se nourrit de deux ingrédients essentiels, à savoir d’une part la créativité humaine et, d’autre part, la capacité de l’entreprise à transformer les idées en solutions concrètes pour le marché, a-t-il ajouté, relevant que les entreprises regorgent, aujourd’hui, d’un potentiel créatif qui n’est cependant pas toujours suffisamment exploité. En créant le cadre interne favorable et en structurant un dispositif d’innovation adapté, les entreprises peuvent accélérer significativement leurs performances opérationnelles et leur croissance profitable.

La fondatrice et ancienne directrice générale de l’IMP³rove Academy en Allemagne, Eva Diedrichs, a rappelé, pour sa part, que la propagation de la pandémie était un catalyseur pour l’innovation au sein des entreprises dont le but est bel est bien la création de la valeur pour le consommateur, l’entreprise elle-même, les collaborateurs, les partenaires et bien évidemment tout l’écosystème avec lequel les entreprises sont en interaction.

En outre, Mme Diedrichs a cité quelques exemples d’entreprises innovatrices au temps de la pandémie Covid-19, dont une entreprise de construction qui a pu adapter son offre avec la période du confinement à travers un mécanisme permettant au client d’effectuer des visites virtuelles aux bâtiments, une autre qui a changé sa production textile vers uniquement des masques de protection et aussi la création d’un hub allemand réunissant des entreprises appartenant à la même chaîne de valeur afin de consolider leurs efforts et trouver des solutions ensemble pour faire face aux répercussions du coronavirus.

En ce qui concerne la nature des liens “Innovation-Export”, les participants se sont accordés à dire que, l’export est facilité par l’innovation qui permet de générer des avantages concurrentiels et des atouts distinctifs et qu’il permet d’accroitre les revenus au-delà du marché local, d’où l’amortissement des investissements en innovation.

Selon eux, l’export offre aussi à l’entreprise de nouveaux champs d’exploration de l’innovation et développe son écoute et agilité pour adapter son offre et répondre aux marchés ciblés. L’écosystème “Innovation-Export” de l’entreprise se rejoignent en grande partie et peuvent être mobilisés en synergie.

Par ailleurs, les témoignages d’entreprises telles que Colorado, HPS ou encore Maghreb Industries ont permis d’apporter des éclairages concrets sur les réalisations dans ce domaine et les success stories possibles à travers le levier de l’innovation.

Selon le “Global Innovation Index 2019”, le Maroc est classé au (3ème) rang en Afrique et enregistre de meilleurs résultats mondiaux en termes d’Outputs de l’innovation (66ème) par rapport aux Inputs (83ème). Le Royaume a aussi pu se distinguer dans les actifs immatériels (43ème) au niveau mondial, (39ème) en ce qui concerne les dépôts de marques et (9ème) pour les dessins et modèles industriels.

Cette rencontre, organisée en partenariat avec le cabinet Ucotra Consulting, s’inscrit dans le cadre du cycle de visioconférences organisées par l’association et ayant pour objectif d’accompagner et sensibiliser ses membres sur des thématiques visant à développer leur compétitivité à l’export, indique un communiqué de l’Association.

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