Des industriels et des spécialistes de l’IT nationaux et internationaux ont mis en exergue, jeudi, l’importance de mettre en place des écosystèmes digitaux adéquats en faveur d’une relance industrielle réussie du Maroc, notamment dans la période de l’après crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19.

Lors d’un webinaire sur le thème “le rôle de l’Écosystème digital dans la relance industrielle du Maroc Post-Covid”, organisé par le cluster Industrie 4.0 de la Fédération des technologies de l’information de télécommunication et de l’offshoring -Apebi-, ils ont débattu des enjeux liés à l’implémentation de ces nouveaux écosystèmes dans la sphère industrielle marocaine et dans l’industrie 4.0 en particulier.

Dans un mot d’ouverture, le ministre de l’Industrie, du commerce et de l’économie verte et numérique, Moulay Hafid Elalamy, a mis en avant les “les décisions fortes” prises par le Maroc pour traverser “avec des succès remarqués” la phase pandémique de Covid-19.

Durant cette crise sanitaire, la machine économique s’est pratiquement arrêtée, au moment que certaines industries ont légèrement continué à fonctionner, a fait remarquer M. Elalamy, notant que dans cette foulée, le secteur digital a connu un essor assez particulier et su s’imposer en force.

“J’ai pu constater la disparition de certaines barrières et réticences notamment dans l’administration, avec notamment la réalisation et l’implémentation de certains projets en un temps record”, a soutenu le ministre, ajoutant que le Covid-19 a démontré que le Maroc est capable d'”apprivoiser le digital de façon plus importante et de l’utiliser de manière plus efficiente avec des résultats remarquables”.

Ce qui est nécessaire c’est de capitaliser sur ces acquis et travailler ensemble pour que les freins et barrières disparaissent à jamais, a-t-il lancé, appelant à saisir les opportunités invraisemblables qu’offre le digital.

Pour sa part, Amine Zarouk, président de l’Apebi, a affirmé que le rôle du digital dans l’industrie et notamment l’industrie 4.0 “n’est plus à démontrer”, appelant à conjuguer les efforts en vue de “construire ensemble une feuille de route” pour que le Maroc puisse saisir les opportunités offertes par le digital.

“Nous allons, en tant que secteur du digital, aider l’industriel a être plus performant à accélérer son potentiel et son excellence opérationnelle”, a indiqué M. Zrouk, faisant également part de “la ferme intention” de l’Apebi de saisir ces occasions et continuer a jouer pleinement son rôle”.

Pour sa part, Mohamed Bachiri, Président de la Commission “Innovation et Développement Industriel” de la CGEM, a souligné que, pendant la crise sanitaire, le Maroc a réussi à gagner en termes de crédibilité à l’échelle internationale.

Dans le nouveau contexte de souveraineté industrielle, le Maroc a un rôle “très important” à jouer de par sa position géographique, ses infrastructures, la crédibilité qu’il a gagnée, ainsi que ses différents acquis dans le cadre du Plan d’accélération industrielle, a affirmé le Directeur général de Somaca, notant, à cet égard, que le digital est “un enjeu essentiel pour l’industrie”.

M. Bachiri a, par ailleurs, rappelé la création, la semaine dernière, d’un groupement “Maroc industrie” au niveau de la CGEM comprenant 11 fédérations, avec pour but de défendre l’industrie nationale à travers une “mutualisation” des efforts et un travail “transversal”.

Dans ce groupement, l’accent sera, entre autre, mis sur le développement du “Made in Morocco”, la préférence nationale, l’intégration locale pour les produits fabriqués au Maroc, les subventions étatiques, la productivité et compétitivité des entreprises, les produits décarbonés, ou encore le développement de champions nationaux à travers le capital marocain, a précisé M. Bachiri.

S’agissant de l’industrie 4.0, M. Bachiri a plaidé pour la mise en place d’une Recherche et développement opérationnelle qui devrait, selon lui, être “rapprochée des zones géographiques opérationnelles industrielles des entreprises”.

De son côté, le DG de ST Microelectronics, Fabrice Gomez, a indiqué que “le Maroc est aujourd’hui parfaitement positionné pour être l’alternative vraiment sérieuse aux pays de l’Asie” en termes d’industrie, notant que la dépendance à la Chine, atelier du monde, “n’est pas tenable” dans le long terme.

La crise du Covid a montré au monde qu’il est dépendant de l’Asie, ce qui constitue, selon M. Gomes, “un risque important”, mettant en relief les multiples chances qui s’offrent au Maroc pour un repositionnement industriel, particulièrement après cette crise sanitaire, eu égard à “ses compétences, sa stabilité politique et sa proximité à l’Europe”.

Quant à Mouhsine Lakhdissi, consultant en digital et membre de l’Apebi, il a estimé que “le digital peut apporter énormément d’avantages à l’industrie”, appelant à intensifier la communication et le transfert d’idées entre deux communautés importantes pour le développement du pays, à savoir les spécialistes du digital et les industriels.

M. Lakhdissi a également mis l’accent sur la nécessité de déterminer les “use cases” qui nécessitent la mise en place d’écosystèmes digitaux dans le secteur industriel national, citant dans ce sens les avantages de l’Intelligence artificielle, du big data ou de l’impression 3D dans les opérations de prototype et de contrôle (mesures barrière) dans les différentes unités industrielles, notamment durant la période post-Covid.

De son côté, Raymond Tavares de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (Unido), a souligné l’importance d’accompagner les pays dans leur développement industriel et dans la réalisation de leur révolution digitale.

Pour ceci, M. Tavares a plaidé pour la mise en place de politiques industrielles permettant “un rééquilibrage entre la réglementation et les normes”, afin d’aider le secteur privé à se développer.

Il a aussi souligné le rôle de la formation et du “reskilling” pour les entreprises industrielles à travers l’investissement dans des programmes régionaux et nationaux pour le développement de nouvelles compétences dans le domaine du digital.

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