L’Observatoire national des droits de l’enfant (ONDE) a lancé, mercredi à Rabat, une nouvelle dynamique nationale à même de promouvoir l’action de prévention et de lutte contre les violences à l’égard des enfants, en particulier les abus sexuels.

Cette dynamique trouve son fondement dans une série d’actions basées sur l’appui aux organisations de la société civile au niveau national et local, le renforcement du partenariat avec les Centres hospitaliers universitaires (CHU) et l’organisation de sessions de formation au profit des enfants eux-mêmes et des acteurs institutionnels et associatifs.

Elle repose aussi également sur la création de commissions ad hoc régionales composées d’enfants parlementaires pour assurer le suivi-évaluation de la situation de l’enfance et sur la présentation de recommandations à ce sujet au niveau national.

Intervenant à cette occasion, la directrice exécutive de l’ONDE, Lamia Bazir, a souligné que cette rencontre organisée dans des circonstances sanitaires exceptionnelles, intervient à un moment où le phénomène de la violence à l’égard de l’enfant et de la violation de ses droits demeure toujours d’actualité, notamment en termes d’abus sexuels, notant que la situation est regrettable et remet en question d’une part l’efficacité des dispositifs de prévention et de répression pour éviter de tels abus commis contre les enfants, mais aussi le système des valeurs et des pratiques sociales en la matière.

Mme Bazir a relevé que la dénonciation des cas de maltraitance des enfants s’avère insuffisante pour combattre les phénomènes d’exploitation des enfants et condamner les auteurs de ces crimes, soulignant la nécessité d’”opérer un changement radical et positif au niveau de la définition et du statut de l’enfant et d’un saut qualitatif sur les plans sociétal et institutionnel afin de faire de la protection de l’enfant une affaire prioritaire pour tous ainsi qu’une responsabilité partagée”.

Le lancement de cette initiative intervient dans la continuité de l’action pionnière de l’ONDE dans la résolution des problématiques liées aux enfants depuis sa création de 1995 sous la direction de Son Altesse Royale la Princesse Lalla Meryem, a affirmé la directrice exécutive, indiquant qu’elle vise à établir un mouvement national à même d’ancrer la culture des droits de l’enfant en vue de lutter contre toutes les formes de violence, notamment les agressions sexuelles.

Elle a relevé que cette dynamique nouvelle constitue un chantier national, caractérisé par divers programmes et activités prenant en compte les particularités de chaque tranche de la société, dans l’objectif de briser les tabous et les réflexes de silence et d’indifférence, tout mettant en avant l’importance de la sensibilisation et de la mobilisation des familles pour faire face à toutes les formes de violence et de maltraitance.

En effet, la sensibilisation permet à l’enfant d’anticiper les situations de danger évitant ainsi les conséquence psychologiques que peut entrainer le silence, a-t-elle expliqué.

A cet effet, l’ONDE a soutenu une série d’activités de la société civile dans les différentes régions du Royaume, a-t-elle noté, évoquant la signature de conventions de partenariat avec le CHU Ibn Sina de Rabat et le CHU Ibn Rochd de Casablanca, afin de renforcer la coopération en matière d’expertise, d’accompagnement et de prise en charge médicale et psychologique des enfants victimes, avec la perspective d’étendre la collaboration à d’autres CHU du Royaume.

Elle a estimé que la mise en place de dispositifs territoriaux intégrés de protection de l’enfance demeure indispensable, de même que le renforcement des Unités de protection de l’enfance (UPE) et des Centres d’accompagnement pour la protection de l’enfance (CAPE), qui constitueront un référent dans le signalement et l’accompagnement des enfants victimes au niveau local.

Par ailleurs, elle a relevé l’impératif de garantir l’effectivité des lois et de poursuivre le processus d’harmonisation de la législation nationale avec les standards internationaux.

En outre, Mme Bazir a souligné la nécessité d’élaborer un Code de l’enfant comportant un chapitre dédié à la protection pénale de l’enfant, conformément à une approche socio-juridique fondée sur le principe de l’intérêt supérieur, affirmant qu’une première mouture de ce code a été préparée par l’ONDE qui se tient prêt à la partager avec les intervenants dans ce domaine.

Cette journée a été l’occasion de lancer des commissions ad hoc régionales composées d’enfants parlementaires, chargées de la défense et du suivi des droits de l’enfant.

Au cours de cette rencontre à laquelle ont participé des responsables de départements gouvernementaux, des représentants de la société civile et des enfants parlementaires, il a été procédé à la projection d’une vidéo consacrée au rôle de l’ONDE dans la protection de l’enfance.

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