Les utilisateurs américains de TikTok peuvent souffler: un juge américain a bloqué dimanche in extremis la suspension de l’appli ordonnée par l’administration Trump au nom de la sécurité nationale.

Donald Trump a signé début août un décret pour forcer TikTok, qui appartient au chinois ByteDance, à passer sous pavillon américain. Le locataire de la Maison blanche avait menacé, faute d’accord, d’interdire le réseau social aux Etats-Unis.

La première étape de cette interdiction devait conduire au retrait de l’appli des plateformes de téléchargement aux Etats-Unis. Mais dimanche, le juge Carl Nicholas a donné raison in extremis à TikTok, qui avait déposé un recours le 18 septembre.

Le magistrat, nommé par Donald Trump en 2019, a en revanche pour l’instant refusé de suspendre l’interdiction totale de l’appli sur le sol américain, prévue pour le 12 novembre.

Les raisons de sa décision sont sous scellés afin de protéger des informations potentiellement confidentielles, mais doivent être publiées lundi une fois que les deux parties se seront mises d’accord.

“Nous sommes satisfaits que la cour ait été d’accord avec nos arguments légaux et ait empêché la mise en place de l’interdiction”, a réagi TikTok.

Le ministère du Commerce a fait savoir qu’il se conformerait à la décision du juge, mais avait bien l’intention “de défendre vigoureusement le décret présidentiel contre les embûches légales”.

Lors d’une audience par téléphone dimanche matin, les avocats de TikTok ont déclaré que bloquer les téléchargements de l’appli serait inconstitutionnel et enfreindrait le droit à la liberté d’expression, surtout à l’approche de la présidentielle du 3 novembre.

“TikTok est bien plus qu’une application, c’est la version moderne du forum public, c’est une communauté, c’est un moyen de communication (…) d’autant plus important en temps de pandémie”, a fait valoir l’avocat John Hall. “Si l’interdiction entre en vigueur, c’est comme si le gouvernement empêchait les 2/3 du pays de venir à l’agora”, la place publique de la Grèce antique.

La plateforme a aussi assuré que cela lui causerait des dommages irréparables en termes de croissance, alors qu’elle gagnait quelque 424.000 nouveaux utilisateurs américains par jour au début de l’été.

De son côté, le gouvernement considère ByteDance comme un “porte-parole” du Parti communiste chinois et dit vouloir empêcher que de nouveaux utilisateurs soient exposés au risque de voir leurs données pillées par la Chine.

Donald Trump accuse depuis longtemps TikTok d’espionnage sur ses utilisateurs au profit de Pékin, sans preuves.

Depuis son décret, négociations, invectives au sommet et rebondissements dans les tribunaux s’enchaînent. Si les tractations n’aboutissent pas, une interdiction complète des activités du réseau sur le sol américain pourrait entrer en vigueur à partir du 12 novembre, a prévenu le Trésor.

Autant de pressions rejetées par le régime chinois. Lundi, un porte-parole de la diplomatie chinoise, Wang Wenbin, a appelé Washington à offrir un environnement commercial “juste” et “non discriminatoire” aux Etats-Unis et fustigé “l’intimidation” à l’encontre de ses entreprises.

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