Après cinq mois de négociations, de propositions, de contre-propositions, de débats et d’échange d’accusations, les Espagnols sont condamnées aujourd’hui à retourner aux urnes le 10 novembre pour le quatrième scrutin en quatre ans.

Faute d’un accord entre les partis politiques pour la formation d’un gouvernement malgré les manœuvres de dernière minute de part et d’autre pour trouver une solution et éviter ainsi la dissolution des deux chambres du Parlement et l’organisation de nouvelles élections.

Après des mois d’attente, le Roi Felipe VI d’Espagne a tenu, les 16 et 17 septembre, un deuxième round de consultations avec les partis politiques pour sortir de l’impasse, mais sans parvenir à des résultats concrets.

“Au terme du 2ème round de consultation avec les représentants désignés par les groupes politiques représentés au Parlement, SM le Roi, en vertu de l’article 99 de la Constitution, a constaté qu’il n’existe aucun candidat bénéficiant du soutien nécessaire pour avoir la confiance du Congrès des députés”, a souligné, mardi, un communiqué de la Maison royale espagnole, certifiant ainsi l’échec des négociations partisanes et ouvrant la voie à de nouvelles élections.

Cette donne a été confirmée par le chef du gouvernement sortant, Pedro Sanchez, qui a affirmé dans un point de presse à l’issue de l’audience qui lui a été réservée par le Souverain que “le pays est désormais condamné à de nouvelles élections le 10 novembre”.

Pour le leader socialiste, dont le parti a remporté le scrutin du 28 avril sans majorité absolue, les conclusions des consultations du Roi Felipe VI sont claires. “Il n’y a aucune majorité au Congrès des députés pouvant garantir la formation d’un gouvernement”, a-t-il martelé.

Toutefois, Sanchez a accusé ses adversaires, le Parti populaire et Ciudadanos, et même son « partenaire » Podemos, d’être la cause principale de ce blocage politique. Le PSOE a tenté par tous les moyens et même à la dernière minute de parvenir à un accord de gouvernement mais “les autres partis ont rendu cette tâche impossible”, a déploré le socialiste.

Par contre, les alliés des socialistes, en l’occurrence Podemos, comme leurs adversaires, PP et Ciudadanos, accusent Sanchez d’avoir l’intention, depuis avril dernier, de mener le pays vers de nouvelles élections pour gagner “quelque sièges de plus”.

Si Sanchez insiste que les socialistes sont “les derniers à être intéressés par des élections”, ses détracteurs estiment que le leader socialiste a rejeté toutes les propositions parvenues de la gauche (gouvernement de coalition) et de la droite (pacte écrit avec des conditions) pour “obliger les Espagnoles à voter une nouvelle fois”.

Après cinq mois d’instabilité politique, l’Espagne ne voit pas encore le bout du tunnel. Quatre scrutins, deux présidents de gouvernement et deux motions de censures en quatre ans.

Ce constat d’échec a d’ailleurs été acté par la presse espagnole qui estime que le pays est entré dans une phase politique de blocage.

Ainsi, El Mundo souligne que le leader des socialistes Pedro Sanchez rejette toutes les propositions pour sortir de l’impasse et mène le pays vers de nouvelles élections, prévues le 10 novembre.

Au lieu de chercher des solutions viables pour avoir la confiance des députés et être investi avant le 23 septembre, Pedro Sanchez a rejeté la proposition de dernière minute de Ciudadanos et accusé Podemos, son allié dans plusieurs communautés autonomes, d’être un obstacle pour la formation d’un gouvernement, explique le quotidien.

“En l’absence d’un accord entre les partis politiques, de nouvelles élections”, titre en Une El Pais, ajoutant que le Roi Felipe VI a constaté, au terme de ses consultations avec les formations politiques représentées au Parlement, qu’aucun candidat ne dispose des soutiens nécessaires pour avoir la confiance des députés.

La publication rapporte, dans ce sens, que suite à la décision du Souverain de ne pas désigner un candidat à la présidence du gouvernement, les partis politiques se sont livrés à un échange d’accusations sur la responsabilité dans le blocage politique.

“Pas de candidat, nouvelles élections”, écrit, de son côté, ABC, rappelant que les négociations entre tous les partis politiques n’ont pas abouti à des résultats satisfaisants, ce qui balise le chemin à un nouveau scrutin, le quatrième en quatre ans.

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