Présentée depuis 1978 comme un modèle de démocratie en Europe, l’Espagne vit aujourd’hui un véritable défi lié à sa stabilité politique, dont les conséquences ne tarderont pas à se faire sentir sur ses performances économiques.

Quatre élections en quatre ans, motions de censure, dissolutions successives du gouvernement et du parlement. Jamais l’Espagne n’a vécu une telle situation qui a impacté l’économie du pays à travers notamment un ralentissement de la croissance.

L’Espagne, à l’instar d’autres pays n’est certes pas à l’abri des conséquences de la guerre commerciale entre les Etats Unis et la Chine et de l’impact du Brexit, mais les indicateurs économiques laissent ressortir un changement de cycle après des taux de croissance positifs (+3,8% du PIB en 2015, +3% en 2016, +2,9% en 2017 et +2,4% en 2018).

En effet, toutes les prévisions macroéconomiques ont été révisées ou corrigées à la baisse. Les données publiées par l’Institut national de la statistique (INE) confirment un ralentissement de la croissance pour le second trimestre de l’année.

L’économie espagnole a enregistré une hausse de son PIB de 0,5%, soit deux dixièmes de moins que la croissance de 0,7% enregistrée pour le premier trimestre 2019.

De même, la Banque centrale espagnole a fait part d’une nette baisse de ses prévisions de croissance pour le pays sur fond d’un ralentissement économique mondial confirmé et de l’instabilité politique qui règne depuis 2015.

Ainsi, l’institution financière table sur une croissance du PIB espagnol de 2% pour l’ensemble de 2019 contre une précédente prévision de 2,4%. En plus, concernant ses perspectives pour 2020 et 2021, la banque prévoit une progression de 1,7% et 1,6% contre 1,9% et 1,7% auparavant.

Tout en pointant du doigt «des signaux de perte de dynamisme de l’activité» sur fond d’«incertitudes provenant du contexte extérieur», la banque d’Espagne souligne que l’instabilité politique actuelle «retarde l’adoption des mesures nécessaires pour s’attaquer aux vulnérabilités de l’économie espagnole et augmenter sa capacité de croissance».

Suivant la même tendance, les banques et institutions financières et économiques les plus prestigieuses du pays ont révisé à la baisse leurs prévisions macroéconomiques sur l’évolution du pays. C’est le cas des banques La Caixa, Santander et BBVA ou de la Fondation des Caisses d’épargne (Funcas).

Suivant la même tendance, le chômage recule moins vite qu’avant. En octobre dernier, l’Espagne a enregistré la hausse la plus importante de demandeurs d’emplois depuis 2012 pour atteindre 3.178.000 de chômeurs, soit 98.000 personnes de plus qu’en septembre.

Pour nombreux observateurs, cette situation risque de prendre de l’ampleur dans les prochains mois si le gouvernement issu du scrutin de dimanche n’arrive pas à redresser la barre.

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