Cinq jours avant les élections législatives en Espagne, les leaders des principaux partis politiques se sont livrés au traditionnel face à face, lundi soir, lors d’un débat télévisé très attendu, qui a laissé surgir beaucoup de divergences sur les principaux enjeux du pays, notamment le blocage politique, la migration, la cohésion territoriale et la croissance économique.

C’est une ambiance tendue, électrique et parfois agressive qui a présidé à la seule “confrontation directe” prévue lors de la campagne électorale entre le candidat du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), Pedro Sanchez, le conservateur Pablo Casado (Parti Populaire, PP), le libéral Albert Rivera de Ciudadanos, le dirigeant de la formation d’extrême gauche Podemos, Pablo Iglesias, et le chef du parti d’extrême droite Vox, Santiago Abascal.

Lors du premier axe de ce débat consacré aux initiatives des différents partis pour sortir du blocage politique qui secoue le pays depuis avril dernier, Pedro Sanchez a proposé de permettre au parti le plus voté de former un gouvernement stable après le scrutin du 10 novembre afin de garantir que ce qui s’est passé en 2016 et qui s’est produit à nouveau maintenant ne se reproduira plus.

Cette proposition a été rejetée catégoriquement par les autres partis politiques, notamment Podemos qui insiste sur la nécessité de former un gouvernement de « coalition » entre les formations de la gauche, assurant que le “bipartisme en Espagne est mort” et qu’aucun parti n’est actuellement en mesure de faire « cavalier seul » sur la scène politique.

Sur ce sujet, PP, Ciudadanos et Vox ont adressé de dures critiques à Pedro Sanchez pour décliner toutes les propositions « conditionnées » afin d’éviter la tenue de ce scrutin, le quatrième en quatre ans.

Et lorsqu’il s’agissait de la situation en Catalogne dans le cadre de l’axe relatif à la cohésion territoriale, le ton est monté d’un cran. Alors que PP, Ciudadanos et Vox ont prôné “fermeté et application rigoureuse de l’article 155 de la Constitution” pour faire face aux indépendantistes catalans et aux manifestations violentes qui frappent la région depuis des semaines, Pedro Sanchez et Pablo Iglesias ont appelé à la “modération et au dialogue”.

Selon le leader des socialistes, “le problème de la cohabitation” en Catalogne doit être réglé dans le cadre de l’unité et la souveraineté de la loi et non pas par des “mesures drastiques” défendues par le PP, Ciudadanos et plus particulièrement Vox qui appelle à la « dissolution des partis politiques indépendantistes catalans et à la mise sous les verrous de tous les responsables du gouvernement régional».

Sous pression des partis de la droite sur cette question, Sanchez a présenté trois propositions dont une réforme du Code pénal “pour interdire une bonne fois pour toutes les référendums illégaux en Catalogne” comme celui d’octobre 2017 et une réforme de la loi générale de l’audiovisuel pour éviter l’utilisation de la télévision catalane “TV3” dans des “propagandes indépendantistes”.

S’agissant du volet économique, l’ensemble des partis ont accusé Pedro Sanchez d’avoir pris des mesures ayant porté atteinte au pouvoir d’achat des citoyens, augmenté le taux de chômage notamment parmi les jeunes, fragilisé la compétitivité de l’économie, abaissé l’attractivité du marché espagnol et augmenté les impôts.

Défendant l’efficacité de sa gestion, le candidat socialiste sortant a fait remarquer que, malgré une conjoncture internationale défavorable, marquée par les guerres commerciales et l’incertitude du Brexit, l’Espagne demeure “une grande nation économique” édifiée sur “des bases solides”.

Dressant un bilan positif de son mandat de 17 mois, Pedro Sanchez a relevé que la croissance économique en Espagne progresse et que des postes d’emploi se créent.

La lutte contre la corruption, la politique sociale, l’égalité des chances et la position de l’Espagne sur plusieurs questions internationales ont été également au cœur de ce débat marqué par un échange d’accusations et de contre-accusations entre les leaders des principaux partis représentés au Congrès des députés espagnol.

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