Le Conseil national électoral (CNE) en Equateur a mis en suspens mardi soir le recomptage des votes du premier tour de l’élection présidentielle, réclamé par le candidat indigène Yaku Perez écarté du deuxième tour et qui se dit victime de fraude électorale.

Réunis en session plénière, les cinq membres du CNE n’ont pu se mettre d’accord pour confirmer la tenue de ce recomptage, avec deux voix pour, deux contre et une abstention.

Le CNE “n’a malheureusement donné aucune réponse à la demande ni approuvé ou rejeté le rapport technique présenté”, a déclaré sa présidente Diana Atamaint.

L’un des membres ayant voté contre, José Cabrera, a déclaré qu’il fallait d’abord “proclamer les résultats” du premier tour avant tout recours.

Le recomptage devait commencer mardi, avait indiqué Mme Atamaint samedi lors d’une conférence de presse à Quito où elle avait annoncé que le CNE allait recompter quelque six millions de votes, soit 45% des suffrages exprimés lors du premier tour du 7 février.

“Plus ou moins 6 millions de votes seront révisés vote par vote, selon les accords conclus par le Conseil national électoral”, avait-elle déclaré, précisant que le recomptage pourrait commencer mardi au plus tard et durer “au moins quinze jours”.

Ce recomptage, décidé aux termes d’accords conclus vendredi devant des observateurs internationaux entre le CNE et les deux candidats contestant les résultats du premier tour, devait encore être validé en plénière. Il devait concerner, selon le CNE, 100% des votes dans la province du Guayas, celle qui comporte le plus d’électeurs, et 50% des votes dans 16 autres provinces.

Le recomptage a été réclamé par Yaku Perez, 51 ans, un avocat écologiste candidat du Pachakutik, expression politique du mouvement indigène équatorien. Le candidat Guillermo Lasso, un ex-banquier de droite âgé de 65 ans, s’est associé à sa demande.

“La résistance continue”, a déclaré M. Perez après l’annonce du CNE.

Selon les résultats presque complets qu’avait publiés le CNE après le premier tour, auxquels ne manquent plus que 0,16% des bulletins, M. Perez arrive troisième avec 19,38% des voix, devancé de peu pour la deuxième place qualificative par M. Lasso avec 19,74%.

Le premier tour de la présidentielle, tenue en même temps que des législatives, a été largement dominé, avec 32,71% des voix selon le CNE, par Andres Arauz, un économiste de gauche âgé de 36 ans soutenu par l’ancien président équatorien Rafael Correa qui vit en exil en Belgique.

Le second tour, prévu pour le 11 avril, désignera le successeur du président sortant Lenin Moreno, qui ne se représentait pas et dont le mandat de quatre ans prend fin le 24 mai.

Des groupements d’indigènes soutenant M. Perez ont annoncé pour mercredi des mobilisations et une marche sur Quito pour protester contre la fraude électorale.

La mission d’observation de l’Organisation des Etats américains (OEA) avait exprimé lundi sa “préoccupation” et lancé “un appel énergique” au CNE pour clarifier le processus électoral.

L’Equateur, pays de 17,4 millions d’habitants, compte 13,1 millions d’électeurs inscrits.

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