L’expérience du Maroc dans le domaine de la transition énergétique et l’intégration de l’énergie dans le système énergétique national a été mise en exergue, mardi à Berlin, lors d’une conférence ministérielle internationale sur “l’intégration des énergies renouvelables”.

Lors de cette rencontre, organisée par le ministère fédéral allemand de l’Économie et de l’Énergie et l’Agence Internationale de l’Energie, le secrétaire général du ministère de l’Energie, des Mines et du Développement durable, Mohammed Ghazali, a souligné que le choix du Maroc pour s’orienter vers les énergies nouvelles et renouvelables a été le choix d’une politique voulue par SM le Roi Mohammed VI.

S’exprimant dans le cadre d’un panel ministériel sous le thème “Présentation des histoires de réussite des énergies renouvelables – l’opportunité de l’énergie éolienne et solaire à faible coût”, M. Ghazali a indiqué que le Royaume avait décidé d’aller dans ce sens d’une manière très volontariste et a réussi ainsi à surmonter ses défis énergétiques notamment celui de l’adéquation entre l’offre et la demande, à travers l’optimisation de son mix électrique et la diversification de ses ressources énergétiques.

“Le nouveau modèle énergétique marocain a été bâti sur la base des réalités et des spécificités propres à notre pays tout en tenant compte de son potentiel énergétique dans le renouvelable, qui est l’un des plus importants au monde”, a-t-il dit.

Aujourd’hui, a précisé M. Ghazali, la part des énergies renouvelables est d’environ 34 % dans le mix électrique, ajoutant que, concernant les programmes d’énergies renouvelables marocains, la capacité totale installée a atteint environ 3700 MW, dont 1215 MW éolienne, 705 MW solaire et 1770 MW Hydro-électrique.

La dépendance énergétique nationale est passée d’environ 98 % en 2009 à environ 93,9 %, a relevé le responsable marocain, assurant que cette baisse est le résultat des progrès réalisés dans les programmes d’énergies renouvelables, qui ont permis de faire passer la part de l’éolien et du solaire dans la puissance installée de 2% début 2009 à plus de 14%.

« Nous avons réussi à ériger un des plus grands parcs éoliens du continent qui permettra de produire le KW le moins cher du monde, avec un coût moyen de production qui ne dépassera pas les 3 cents le kwh», a fait savoir M. Ghazali, rappelant que le Maroc a même placé un nouveau cap plus haut, conformément aux hautes instructions royales, pour dépasser l’objectif actuel de 52% du mix électrique national fixé à l’horizon 2030.

Selon le secrétaire général, la montée en puissance des énergies renouvelables nécessite de faire usage de technologies flexibles à introduire dans le système énergétique national, pour faire face à leur caractère intermittent, mettant l’accent sur la nécessité d’actions urgentes comme la réalisation d’une plateforme de gestion et de supervision des énergies renouvelables.

 


L’innovation dans de nouvelles technologies de stockage pourrait représenter la première source de flexibilité à l’avenir, a estimé M. Ghazali, faisant observer que, pour le Maroc, ce volet a été pris en considération dans le développement de la centrale solaire CSP-NOORo 1 de 160 MW qui offre un stockage de 3h et pour les centrales NOOR 2 et 3 de 350 MW avec un système de stockage d’au moins 7h.

En ce qui concerne l’intégration des énergies, il a indiqué qu’il ne s’agit pas toujours d’une question d’intégration technique de ces énergies dans le réseau, mais c’est aussi, l’intégration des énergies renouvelables dans le quotidien des institutions, des entreprises et des citoyens et ce, afin de créer la ville durable.

Dans ce sens, a-t-il souligné, le Maroc s’est engagé dans la dynamique de promotion des énergies renouvelables et d’efficacité énergétique par la réalisation de projets et de programmes qui intègrent les impératifs du développement durable.

Afin d’accélérer les actions d’efficacité énergétique, le Maroc a élaboré une stratégie nationale en la matière, a rappelé le responsable marocain, précisant que cette stratégie cible les secteurs à grand potentiel en termes de consommation énergétique finale, à savoir ; le transport, l’industrie, le bâtiment, l’agriculture et l’éclairage public et ce, par des actions concrètes et des mesures législatives, réglementaires, financières, fiscales et sur des actions d’éducation, de formation et de sensibilisation, dans l’objectif d’atteindre une économie d’énergie de 20% à l’horizon 2030.

Après avoir relevé que l’intégration des énergies renouvelables passe par un cadre juridique et institutionnel adéquat, M. Ghazali a fait savoir qu’il est important de noter que “nos projets en énergie renouvelable sont rendus possibles grâce à la mise en œuvre d’une batterie de dispositions législatives, réglementaires et institutionnelles, qui constituent un des piliers de notre transition énergétique et visant essentiellement l’encouragement de l’investissement privé dans le secteur des énergies renouvelables et l’intégration fluide de ces énergies dans le système énergétique national”.

Le secteur de l’énergie a connu après le lancement de la stratégie énergétique nationale en 2009, la création de nouvelles institutions pour accompagner la mise en œuvre des programmes et chantiers lancés par le Maroc et particulièrement dans les domaines des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, a-t-il affirmé.

Dans ce contexte, M. Ghazali a assuré que le Maroc poursuit son dynamisme pour la réussite de la transition énergétique mondiale, en jouant un rôle très actif particulièrement au niveau de la région méditerranéenne et du continent africain, notamment dans le cadre de ses relations avec ses partenaires, notamment européens et africains.

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