Plusieurs villes américaines ont vécu dimanche une sixième nuit d’émeutes alors que le pays constatait l’ampleur des incendies et des pillages qui ont émaillé les manifestations de la veille en protestation contre la brutalité policière suite au décès d’un afro-américain lors de son interpellation musclée par des policiers en début de semaine,

Auparavant dans la journée, des manifestations largement pacifiques demandant notamment des poursuites à l’encontre de tous les quatre policiers impliqués dans la mort de George Floyd, ont été organisées de Boston sur la côté Nord-est à San Francisco à l’Ouest.

Les protestations ont dégénéré néanmoins en des scènes de pillage de magasins notamment à Philadelphie (Est) et à Santa Monica en Californie.

À Minneapolis, théâtre de la bavure policière à l’origine de ces évènements, un camion-citerne a foncé sur une foule paisible de milliers de personnes sur une route fermée, mais aucun manifestant ne semble avoir été touché, ont indiqué les autorités.

Dans la capitale fédérale Washington DC., où plusieurs centaines de personnes étaient rassemblées dimanche soir devant la Maison Blanche, certains manifestants ont jeté des projectiles sur les forces de l’ordre.

Par crainte que la situation ne dégénère, la Mairesse du District de Columbia, Muriel Bowser a décrété le couvre-feu de 23H00 dimanche à 06H00 lundi et ordonné le déploiement de la Garde nationale en renfort de la police locale et des services secrets.

Outre la capitale fédérale, au moins 40 villes ont décrété le couvre-feux et des membres de la Garde nationale ont été activés dans 15 États.

La veille, les manifestations contre la mort de George Floyd ont tourné à la violence à travers le pays pour une cinquième nuit consécutive, conduisant les forces de l’ordre à reourir la force pour disperser les manifestants.

Les émeutiers ont bravé le couvre-feux nocturne décrété dans plusieurs villes et le déploiement des forces supplémentaires dont la Garde nationale pour tenter d’appliquer la loi.

Au moins 75 villes ont vu des manifestations ces derniers jours et les maires de plus d’une vingtaine de villes ont imposé des couvre-feux.

La police a arrêté près de 1700 personnes dans 22 villes depuis jeudi, selon un décompte de l’agence Associated Press. Près d’un tiers de ces arrestations ont eu lieu à Los Angeles, où le gouverneur a déclaré l’état d’urgence et ordonné à la Garde nationale de soutenir la police alors que des dizaines d’incendies faisaient rage dans la ville.

Une personne a été tuée et plusieurs dizaines d’autres ont été blessés parmi les manifestants, les forces de l’ordre et même parmi les journalistes.

Des voitures de police et des bâtiments du gouvernement ont été incendiés, des fenêtres ont été brisées, des magasins ont été saccagés, des monuments ont été vandalisés et les forces de l’ordre ont tiré des boulettes de poivre, des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc sur les manifestants.

A Washington DC, des bâtiments fédéraux ont été vandalisés et des affrontements ont éclaté pour la deuxième journée entre agents des services secrets et manifestants devant la Maison Blanche. Un immense incendie s’est déclaré dans un hôtel de plusieurs étages situé à quelques encablures du complexe présidentiel.

Les manifestations ont éclaté depuis le décès lundi dernier de George Floyd lors de son interpellation. Une vidéo sur un téléphone portable montrait un policier blanc – qui a depuis été licencié et incarcéré pour meurtre au troisième degré – mettant le genou sur le cou de M. Floyd pendant plus de huit minutes alors qu’il luttait pour respirer.

Après trois mois environ de confinement et de restrictions pour freiner la pandémie de coronavirus et le ralentissement économique historique qu’elle a causé, avec 40 millions de personnes sans emploi, ce tragique incident a laissé apparaître, selon les analystes, l’ampleur des inégalités et la brutalité policière.

Plusieurs dirigeants locaux et hommes politiques ont multiplié les appels au calme alors que l’administration Trump a accusé la gauche radicale et des groupes antifascistes d’attiser les violences.

Le ministre de la Justice Bill Barr a déclaré dimanche dans un communiqué que son département allait désigné comme organisations terroristes, les instigateurs de la violence lors des manifestations contre la mort de George Floyd, y compris les antifas (antifascistes) et les groupes similaires.

Le président Trump a, de son côté, tweeté que les États-Unis désigneront les “antifascistes” comme organisation terroriste. Des experts ont estimé toutefois que la loi qui autorise le gouvernement à désigner des entités comme terroristes, ne s’applique qu’aux organisations étrangères.

 

Bouton retour en haut de la page
Fermer