Vainqueurs de la Ligue des champions avec le Bayern Munich, Robert Lewandowski et Manuel Neuer font figure de favoris pour le prix du meilleur joueur d’Europe décerné jeudi par l’UEFA, qui revêt cette année un prestige inédit en l’absence de Ballon d’Or.

L’attaquant polonais et le gardien allemand, en quête l’un comme l’autre d’une première distinction individuelle de ce niveau, partent avec une longueur d’avance sur le milieu belge Kevin De Bruyne, troisième finaliste, étincelant en Premier League mais handicapé par la saison en demi-teinte de Manchester City.

Et puisque, fait inédit depuis 1956, le Ballon d’Or ne sera pas attribué en 2020 en raison de la pandémie de coronavirus qui a tant perturbé les compétitions de football, les trophées de l’UEFA attisent toutes les convoitises avant leur remise jeudi soir en marge du tirage au sort de la phase de poules de la C1 à Nyon, en Suisse (17h00).

Pour succéder au défenseur central de Liverpool Virgil Van Dijk, Lewandowski et Neuer émergent d’un collectif bavarois plus dominateur que jamais: en comptant Thomas Müller (6e), Thiago Alcantara (8e, transféré entretemps à Liverpool) et Joshua Kimmich (9e), le Bayern a trusté la moitié du Top 10 dévoilé la semaine dernière par l’UEFA.

A 32 ans, le Polonais a été le principal artisan du triplé Championnat-Coupe d’Allemagne-C1 du “Rekordmeister”, empilant 34 buts en Bundesliga et 15 sur la scène européenne. Fin août, son entraîneur Hansi Flick militait pour qu’il soit désigné footballeur Fifa de l’année, une cérémonie dont la tenue reste incertaine: “Je ne vois actuellement aucun joueur qui l’aurait mérité plus que lui.”

Canonnier toujours aussi clinique, “Lewy” a brisé une double malédiction: l’échec sur lequel il était resté en 2013, finaliste malheureux de la Ligue des champions avec Dortmund face au Bayern, et sa propre difficulté à être décisif dans les dernières marches du tournoi continental.

Auteur d’un feu d’artifice en huitièmes de finale face à Chelsea (trois buts et quatre passes décisives), il y a ajouté un but en quarts, lors de l’humiliation infligée à Barcelone (8-2), et un en demi-finale face à Lyon (3-0). Sera-t-il desservi par sa copie vierge en finale ?

A l’inverse, Manuel Neuer, 34 ans, a été particulièrement en vue face au PSG, écoeurant les Parisiens pendant une première période où ils semblaient faire jeu égal: parades spectaculaires, fiabilité en relance, surnombre apporté loin de sa surface, toute la panoplie qui fait sa marque y est passée.

Entamée par un débat sur sa place de numéro un en équipe nationale, 2020 a parachevé une décennie dorée pour le portier formé à Schalke: deux Ligues des champions avec celle de 2013, la Coupe du monde 2014 avec l’Allemagne, huit fois vainqueur de la Bundesliga et six fois de la Coupe d’Allemagne.

L’Allemand pourrait devenir le premier gardien à remporter un trophée individuel majeur depuis le Ballon d’Or attribué en 1963 au Russe Lev Yachine: un symbole, tant son jeu à haut risque et son habileté au pied font régulièrement de lui un onzième joueur de champ.

“Manu est dans une catégorie à part, incroyable”, a vanté son sélectionneur Joachim Löw dans Kicker. “Je n’ai rien contre Robert Lewandowski, c’est un buteur de super classe, mais pour moi, le footballeur de l’année, c’est Manuel Neuer”.

Côté joueuses, le jury composé de 80 entraîneurs de clubs et 55 journalistes de médias européens, dont l’AFP, a plébiscité deux gagnantes de la C1 avec l’OL – la Française Wendie Renard et l’Anglaise Lucy Bronze, déjà lauréate l’an dernier et transférée cet été à Manchester City. La Danoise Pernille Harder, qui vient d’arriver à Chelsea en provenance de Wolfsburg, complète la liste.

Le prix de meilleur entraîneur masculin de l’année, nouvellement créé, reviendra forcément à un Allemand: Hansi Flick (Bayern Munich), Jürgen Klopp (Liverpool) ou Julian Nagelsmann (Leipzig). Côté compétitions féminines, Lluis Cortés (FC Barcelone), Stephan Lerch (Wolfsburg) et Jean-Luc Vasseur (Lyon) sont finalistes.

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