Tiraillé entre ses obligations professionnelles et sa thèse, le doctorant est en recherche constante d’un équilibre qui lui permettra de satisfaire l’ensemble de ses engagements.

Afin d’espérer glaner un jour le fameux sésame en soutenant sa thèse, le temps qu’il consacre aux recherches doctorales doit être garanti. De même, l’activité professionnelle s’impose tout aussi naturellement au chercheur qui est généralement dans un âge où l’indépendance financière n’est plus un luxe mais une nécessité.

Or, la conciliation entre la recherche scientifique et l’activité professionnelle est une tâche qui, dans bien des cas, s’avère périlleuse avec des horaires de travail qui s’accaparent la majeure partie de la journée. Dans certains secteurs d’activité, les longues journées de travail engendrent une fatigue telle que le simple fait d’envisager de replonger dans ses bouquins le soir pour étoffer sa thèse relève de l’utopie.

Ce constat astringent a été accru par la pandémie du nouveau coronavirus. En effet les nombreux mois de confinement conjugués à la fermeture des bibliothèques, des universités et des espaces de lectures qui, dans bien des villes, se poursuit encore aujourd’hui, a rendu difficile l’accès à certains ouvrages et articles scientifiques.

La raréfaction des ressources a mis au point mort l’évolution des recherches de plusieurs doctorants qui ont dû se contenter de la matière disponible sur le web. Piètre consolation car ces éléments sont souvent incomplets pour des raisons de droits d’auteur ou du fait des lacunes de la numérisation.

Dépité par cette situation, Mehdi E. du Centre d’études doctorales «Homme–Société–Education» estime qu’il aurait été carrément préférable d’opter pour une année blanche en 2020 plutôt que de voir son parcours pénalisé par cette période qui s’est égrenée sans avancées.

Dans un échange par visioconférence, il a confié à la MAP être profondément affecté par cette situation. «Un cercle vicieux où l’on culpabilise par ce qu’on n’avance pas, alors que cette frustration est en partie responsable de notre stagnation».

Du côté de Najlae O., doctorante au laboratoire de recherche en sciences de gestion des organisations à l’Université Ibn Toufail de Kénitra, tout allait bien jusqu’au moment où elle a entamé sa carrière professionnelle.

«Mon travail de recherche a commencé à progressivement frôler l’inertie. Je n’arrive plus à allier vie professionnelle et universitaire, surtout que mes horaires de travail changent constamment et qu’il m’arrive aussi d’enchainer depuis la maison», explique cette journaliste qui a lancé son aventure doctorale en 2018.

«Il m’est très difficile de respecter et suivre un programme fixe pour pouvoir avancer sur ma thèse», déplore-t-elle, ajoutant que ses rencontres avec son professeur encadrant, pour faire le point, être encouragée et orientée, sont de plus en plus en rare.

«Impossible de fixer un rendez-vous, quand ce n’est pas moi qui suis indisponible c’est mon professeur», regrette-t-elle, soulignant de surcroît que les restrictions liées à la Covid-19 sont venues bouleverser davantage le cours normal des choses.

Pour sortir de cet imbroglio, nulle autre solution que de se faire violence en aménageant un espace-temps quotidien dédié à la thèse, aux colloques et aux séminaires, en plus de l’emploi du temps qui s’impose par le travail.

Dans les faits, on se rend rapidement compte que structurer sa journée entre thèse et travail n’est pas une sinécure d’autant que cela se fait généralement au détriment des loisirs et des relations sociales.

Toutefois, être en décalage avec le reste de la société sur le long terme peut entraîner des répercussions néfastes sur le moral, qui doit être d’un optimisme à toute épreuve pour la bonne marche de la recherche.

Voilà pourquoi, il est généralement recommandé de ne pas se laisser envahir par sa thèse qui peut se montrer d’une rare voracité en termes de temps, causant, à terme, un enlisement qui n’aura d’autre issue que le burnout.

De toute évidence, la conciliation entre thèse et travail est une affaire de gestion draconienne du temps, de volonté et de discipline. Il s’agit donc de défendre mordicus le territoire temporel de la thèse, sans impacter son rendement professionnel et en poursuivant ses activités sociales et de loisirs. Plus facile à dire qu’à faire !

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