Le vernissage de l’exposition des œuvres de l’artiste visuelle et thérapeute artistique allemande, Andrea Harrenkamp, a eu lieu récemment à Essaouira, en présence de plusieurs artistes, intellectuels et acteurs de la société civile.

Visible jusqu’au 19 août aux cimaises de l’espace d’exposition «Tayeb Essadiki» à Dar Souiri, cette exposition intitulée ‘’Art, Semences et Environnement’’ donne à voir et à apprécier une collection d’œuvres visuelles inédites, occasion de sensibiliser le public parmi les mordus des beaux arts sur «notre manière» avec des graines et des semences.

L’exposition est un véritable périple au cœur d’un style artistique si singulier, et se veut une véritable opportunité pour informer et sensibiliser de manière artistique le grand public sur l’impératif du changement de nos comportements et de s’intéresser davantage aux semences qui «constituent la base d’alimentation».

«La semence est le début d’une chaîne alimentaire. Qui contrôle la semence est celui qui contrôle la chaîne alimentaire et donc les populations… les paysans partout dans le monde ont produit, choisi et amélioré leurs propres graines depuis 12.000 ans. Avec celles-ci, ils ont créé et cultivé de nouvelles variétés de fruits, légumes et plants à fibre. En même temps, les paysans ont toujours respecté notre terre-mère », lit-on dans une note de présentation de l’exposition.

Et de poursuivre : «On savait bien qu’une population qui perd ses semences et détruit son sol, sera une population morte. Depuis plus d’un siècle, l’agrochimie détruit la production de semences, les variétés anciennes ainsi que les terres agricoles qui étouffent à cause des toxines fortes».

‘’Actuellement, l’agriculture mondiale est dans une situation désastreuse. La plupart des paysans des pays les plus pauvres n’ont plus accès aux semences libres et fertiles. Leurs variétés rurales traditionnelles ont été remplacées par des variétés modernes hybrides F1 ainsi que par des OGM stériles de l’agrochimie. Ces variétés génèrent un marché captif et obligent les paysans à les acheter chaque année”, déplore-t-on.

Ce sont donc ces messages et mises en garde que l’artiste-visuelle et thérapeute artistique Andrea Harrenkamp tente de faire passer à travers cette exposition, en conscientisant tout un chacun et en le sensibilisant quant à l’impératif de plaider pour un développement et un revirement des comportements vis-à-vis de nos semences et notre agriculture.

Dans une allocution de circonstance, Andrea Harrenkamp a fait savoir qu’elle a visité le Maroc depuis 11 ans et qu’elle aime la nature, les arts, l’artisanat, les épices ainsi que les couleurs magnifiques qui y existent, plaidant en faveur de la préservation de cette authenticité naturelle dont jouissent les paysages et le mode de vie dans le Royaume.

Evoquant les problématiques liées aux changements climatiques et à l’environnement qui sont d’ordre mondial, elle a estimé que les échanges d’arts, de la culture comme ceux politiques demeurent indispensables pour y remédier.

De son côté, M. Ahmed Harrouz, au nom de l’Association Essaouira-Mogador, a fait savoir que le travail artistique d’Andrea est autant philosophique que symboliste, vu sa méditation, et son utilisation de l’élément «Nature» par ses fruits et ses semences qu’elle veut bien communiquer et offrir aux visiteurs pour ensemencer chez eux un acte d’interaction artistique.

Et de conclure que chez cette artiste visuelle, le souci de l’environnement prime et inspire la création en toiles, tout comme en installations artistiques.

 

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