Le chef du gouvernement tunisien Hichem Mechichi a annoncé mardi que le déficit budgétaire atteindrait un niveau record en 2020, à environ 14% du PIB, appelant la Banque centrale à le financer pour limiter la crise actuelle dans le pays.

“Notre pays n’a jamais connu de crise aussi profonde”, a souligné M. Mechichi lors d’une conférence de presse à Tunis.

Le Fonds monétaire international a déjà dit s’attendre à un recul historique du PIB en Tunisie, à -7% pour 2020, en raison notamment des conséquences de la pandémie de Covid-19.

Cette situation est aussi le résultat du cumul de plusieurs années d’instabilité économique, sociale et politique, a estimé M. Mechichi.

Depuis la révolution de 2011, neuf gouvernements se sont succédé, entravant l’adoption de réformes de fond pour relancer une économie en difficulté.

Le déficit budgétaire en 2020 atteindra 14% du PIB, et “il n’est possible de réduire ce taux que de deux points seulement en reportant le remboursement des dettes”, a indiqué M. Mechichi.

Le plan quadriennal de financement du FMI a pris fin au printemps, sans perspective pour la suite, alors que Tunis, qui s’est largement appuyée sur les bailleurs internationaux ces dernières années, peine à boucler son budget pour 2020.

Pour M. Mechichi, la solution est que la Banque centrale, qui est “consciente de son rôle pour limiter cette crise actuelle” participe à financer ce déficit.

La Banque centrale de Tunisie avait critiqué la semaine dernière un déficit jugé excessif et un recours estimé trop lourd au financement intérieur dans la loi de finances complémentaire.

“Il est nécessaire de retourner au travail!”, a martelé M. Mechichi ajoutant qu’il “n’est plus acceptable de permettre les protestations qui bloquent des routes et qui entravent l’exploitation des richesses du pays” comme le pétrole et le phosphate.

“Nous sommes tout à fait prêts pour appliquer la loi en utilisant la force de l’Etat”, a-t-il mis en garde, soulignant les coûts entraînés par ces mouvements sociaux.

La production de pétrole dans le sud du pays est bloquée depuis mi-juillet par des chômeurs réclamant du travail et des investissements dans leur région marginalisée, et des négociations sont toujours en cours.

La Tunisie, l’un des principaux producteurs de phosphate au monde, a dû en importer cette année en raison de mouvements sociaux similaires, selon des médias locaux.

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