La question de la gouvernance du secteur de la sécurité au niveau local a été au centre d’une conférence-débat tenue jeudi à Rabat, en présence d’une pléiade d’experts marocains et étrangers.

Cette conférence organisée à l’initiative du Centre d’études en droits humains et démocratie (CEDHD) et du Geneva Centre for security sector governance (DCAF), a permis de présenter et de discuter des expériences, des acquis et des défis en la matière du point de vue des parties et acteurs concernés, appelés à jouer le rôle qui leur incombe en vue d’assurer la sécurité nécessaire au bien être et au respect des droits.

Le président du CEDHD, El Habib Belkouch, a indiqué que la gouvernance sécuritaire au niveau local se trouve au cœur de l’actualité à l’échelle tant nationale qu’internationale d’autant plus qu’il s’agit de la politique de proximité dans un domaine aussi vital.

Les transformations des sociétés en termes de poussée démographique et urbanistique, de développement des réseaux sociaux dans un contexte marqué par la faiblesse des mécanismes de médiation sont à l’origine de la montée de la criminalité sous diverses formes, a-t-il expliqué.

Ces facteurs peuvent revêtir des dimensions régionales et internationales comme c’est le cas pour les phénomènes de terrorisme et de crime transnational, a-t-il dit, soulignant que le défi sécuritaire revêt un caractère primordial pour assurer la stabilité et la sécurité et pour permettre aux citoyens de jouir pleinement de leurs droits et protéger les biens.

De l’avis de cet expert, les stratégies et plans mis en place dans ce domaine nécessitent un accompagnement et un suivi constants en ce sens qu’il ne s’agit plus d’une question d’ordre technique relevant des compétences des institutions sécuritaires, mais elle est devenue une affaire sociétale qui requiert une approche éminemment participative.

La directrice programme Maroc au DCAF, Cécile Lagoutte, a de son côté mis l’accent sur l’importance capitale de la gouvernance sécuritaire puisqu’elle engage la stabilité même des États par le biais de l’amélioration de l’efficacité et relève des responsabilités en matière de respect des droits de l’Homme et de l’État de droit.

Elle a expliqué que dans le souci de promouvoir la bonne gouvernance, les États sont appelés à prendre conscience des besoins sécuritaires et à veiller à ce que la sécurité de la population soit assurée dans un contexte favorable au respect de l’État de droit.

Mme Lagoutte a par ailleurs assuré que le DCAF a pour vocation d’accompagner les différents pays, démocraties développées et émergentes, dans l’établissement et la consolidation des mécanismes de bonne gouvernance dans le secteur de la sécurité, tout en développant des programmes de conseil et d’assistance aux pays en quête de promotion de la bonne gouvernance en la matière.

La conférence a été axée sur des sujets portant sur “la police de proximité, pourquoi et comment?”, les “stratégies territoriales de sécurité, quel rôle pour les élus?”, “quelles synergies pour renforcer la confiance mutuelle entre le secteur de la sécurité et la société civile?”, ou encore “les nouveaux paradigmes de communication, quelle efficacité?”. Y ont pris part nombre d’acteurs concernés et de la société civile, ainsi que des élus locaux.

 

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