Avec le lancement de la campagne de vaccination contre la Covid-19, l’horizon commence à se dégager et la peine cède la place à l’espoir en une année meilleure, après la récession brutale qu’a connue le Maroc en 2020. Mais les perspectives demeurent incertaines … au moins à court terme.

Quand on scrute les estimations des différentes institutions nationales et internationales sur la croissance de l’économie nationale au titre de cette année, il s’en dégage un optimisme dont, certes, la communauté a grandement besoin.

Mais peut-on prendre vraiment pour argent comptant toutes ces prévisions, surtout avec l’émergence de nouveaux variants du virus et la prise de mesures restrictives par plusieurs pays partenaires économiques du Maroc.

Les signaux d’une bonne reprise sont là. Une campagne de vaccination, des précipitations généralisées au bon timing et des mesures de relance pour encourager l’investissement.

Toutefois, un manque de visibilité règne toujours chez les opérateurs, surtout que la pandémie Covid-19 continue de dominer l’actualité nationale et internationale et qu’il faudra encore trois mois minimum pour mener la campagne de vaccination à bout et, peut-être, en finir.

Le dynamisme favorable enregistré lors des derniers mois s’avère insuffisant pour éponger les retombées négatives d’une crise sans précédent sur l’économie nationale.

Pour le ministre de l’Economie, des finances et de la réforme de l’administration, Mohamed Benchaâboun, le lancement de la campagne de vaccination au Maroc laisse entrevoir la lumière au bout du tunnel, avec des perspectives de croissance prometteuses pour l’économie nationale en 2021.

Mais, d’autres incertitudes pèsent sur le monde comme ces souches nouvelles dont l’évolution dans les prochains mois reste méconnue, a estimé le ministre.

Le responsable s’est dit convaincu qu’à partir du deuxième semestre de 2021, l’économie marocaine pourrait rebondir de manière très forte, ce qui permettra de rattraper une partie du retard subi en 2019.

Selon les prévisions optimistes du Haut-Commissariat au Plan (HCP) où grâce à l’impact de la vaccination notamment, le nombre de contaminations additionnelles pour 2021 serait contenu à 20% de ce qui a été constaté en 2020, soit environ 80.000 et où aucun jour de confinement généralisé n’est prévu, l’impact sur la croissance serait relativement faible (-0,4 point), ce qui maintiendrait la croissance pour 2021 aux alentours de 4,2%.

Insuffisance de la croissance des échanges commerciaux, inégalités en termes d’emploi, poids de la dette des ménages et entreprises, sont autant de facteurs qui appellent à garder les pieds sur terre.

Autre problématique: le redressement économique risque d’être à deux vitesses, en forme de K, c’est-à-dire qu’une partie seulement de la population en bénéficierait, ce qui risque d’aggraver les disparités sociales.

C’est vrai que tous les ingrédients sont là pour une croissance positive oscillant autour de 4 à 5% en 2021, mais le rythme et la durée de la reprise sont sujets à une grande incertitude. La reprise économique post-Covid serait prolongée, le PIB réel ne revenant qu’à la tendance d’avant crise, au plus tôt, en 2022.

Entre le manque de visibilité, le risque de faillite, la multiplication des crédits, les entreprises et les ménages ruminent en n’arrivant pas à voir le bout du tunnel, malgré les signes positifs d’une reprise rapide.

Les opérateurs sont toujours dans l’attentisme et aucune tendance ne se dessine pour l’instant. Pas de recette magique pour s’en sortir. Il faut commencer par restaurer progressivement la confiance des consommateurs et des investisseurs !

Bouton retour en haut de la page
Fermer