La situation politique au Liban est toujours dans l’impasse 42 jours depuis le début de manifestations de grande envergure réclamant le départ de l’ensemble de la classe politique, quasi-inchangée depuis des décennies et jugée corrompue et incapable de mettre fin au marasme économique.

Les manifestants mobilisés depuis le 17 octobre ont obtenu la démission du gouvernement mené par Saad Hariri le 29 octobre dernier, mais ils attendent toujours un gouvernement de technocrates qui ne seraient pas issus du sérail politique traditionnel.

Le processus constitutionnel devant aboutir à la nomination d’un nouveau Premier ministre puis la formation d’un gouvernement n’a toujours pas été enclenché par le président Michel Aoun, dans un pays secoué par une profonde crise économique et qui s’enlise lentement dans la violence, comme en témoigne le décès d’un protestataire par les balles de l’armée libanaise (le deuxième depuis le début du mouvement de contestation généralement pacifique).

Le Premier ministre démissionnaire Saad Hariri, qui avait été chargé par le président Aoun, de continuer à expédier les affaires courantes, a annoncé mardi qu’il ne souhaitait pas former l’Exécutif libanais ou siéger au Grand Sérail.

Ce ne sera “pas moi, mais quelqu’un d’autre” qui dirigera “un gouvernement qui réponde aux ambitions des jeunes”, a annoncé M. Hariri dans un communiqué, critiquant sans les nommer ceux qui disent “attendre” une décision de +Saad Hariri, qui hésite+”, dans le but de lui imputer “faussement” la responsabilité du retard pris dans la formation du gouvernement.

Par ailleurs, la situation économique très complexe du pays a poussé le ministre libanais de la Santé, Jamal Jabak, à appeler la Banque centrale à faciliter l’obtention de dollars aux importateurs de matériel médical évoquant des pénuries dans les hôpitaux.

“Le secteur est sérieusement menacé”, a-t-il mis en garde lors d’une conférence de presse, ajoutant qu'”un hôpital sans fournitures médicales ne peut pas fonctionner”.

De son côté, le Coordonnateur spécial des Nations-Unies pour le Liban, Jan Kubis, avait appelé les autorités locales à accélérer la formation d’un nouveau gouvernement pour sortir de l’impasse politique.

Au Liban, l’économie locale souffre d’une croissance très lente qui frôlerait 0,2% en 2019 d’après le Fonds monétaire international (FMI), contre 10% en 2009, d’où une grande partie des difficultés économiques dont souffre le pays.

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