Le marché de l’emploi américain est “très loin” d’être solide et l’expérience des récessions passées montre que cela pourrait prendre “des années” pour revenir au plein emploi comme avant la pandémie, a déclaré mercredi Jerome Powell, le président de la Banque centrale américaine.

Outre une campagne de vaccination massive pour mettre fin à la crise sanitaire provoquée par le Covid-19, il faudra une série de mesures gouvernementales efficaces pour panser les plaies du marché du travail, a déclaré Jerome Powell dans un discours consacré au marché de l’emploi.

“Malgré une reprise étonnement rapide (au printemps 2020), nous sommes encore très loin d’un marché du travail solide, dont les avantages sont largement partagés” au sein de la population, a-t-il souligné, notant que le taux de chômage réel est de 10%.

Les statistiques officielles du chômage ont fait apparaître un taux de 6,3% pour le mois de janvier.

Les propos de M. Powell interviennent en plein débat sur le gigantesque plan d’urgence de 1.900 milliards de dollars proposé par le nouveau président Joe Biden pour aider les PME et les ménages les plus vulnérables.

En février 2020, avant la propagation de la pandémie aux Etats-Unis, le chômage était tombé à son plus bas niveau en 50 ans.

M. Powell rappelle que toutes les catégories de personnes, y compris les travailleurs noirs, bénéficiaient alors du plein emploi, avec des revenus en hausse en particulier pour les plus bas revenus.

“La reprise dépend toujours de la capacité à contrôler la propagation du virus”, a rappelé Jerome Powell, soulignant que cela nécessite des vaccinations en masse en plus d’une “vigilance continue” en matière de distanciation sociale et de port de masque.

Il rappelle qu’au début de la pandémie, l’augmentation du chômage était presque entièrement due à des pertes d’emplois temporaires qui sont ceux que l’on recrée le plus rapidement.

Mais la persistance de la pandémie affecte aussi désormais les emplois permanents et le chômage s’est installé pour des millions de personnes dans la durée.

“Compte tenu du nombre de personnes qui ont perdu leur emploi et la probabilité qu’un grand nombre aura du mal à trouver du travail dans l’économie post-pandémique”, cela exigera “plus qu’une politique monétaire accommodante”.

“Il faudra un engagement à l’échelle de la société, avec des contributions de l’ensemble du gouvernement et du secteur privé”, a-t-il opiné.

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