Les échéances de 2021 et la gestion de la pandémie de Covid-19 vont “largement” dominer les agendas des acteurs politiques lors de la rentrée politique actuelle, a affirmé le chercheur et professeur des sciences politiques Mohamed El Hachimi.

“Nous sommes face à la dernière année électorale de l’actuel mandat du parlement”, a-t-il souligné dans un entretien accordé à la MAP, ajoutant que “cela signifie que le débat à l’intérieur de l’hémicycle entre les protagonistes politiques sera, sans doute, dominé par les enjeux liés aux différentes échéances électorales que le Royaume connaîtra l’année prochaine”.

L’autre donnée, poursuit M. El Hachimi, est liée au contexte de la crise sanitaire qui a imposé des défis inédits sur l’action institutionnelle au niveau du gouvernement et du parlement, et qui prévaudra d’une manière significative sur le débat à l’intérieur et l’extérieur des deux chambres de l’institution législative, lequel s’axerait autour de la gestion gouvernementale de la pandémie.

L’année électorale actuelle constituera une occasion pour le gouvernement de présenter son bilan avant la fin de son mandat, a-t-il noté, s’interrogeant si le gouvernement agira comme une majorité dans cette présentation ou bien chaque parti livrera sa propre lecture des cinq années dans la coalition gouvernementale.

Le chercheur considère, à cet effet, que certaines composantes de la majorité “tentent de promouvoir leurs bilans sectoriels de manière à pouvoir échapper à certaines critiques adressées au gouvernement actuel”.

En ce qui concerne la gestion des répercussions de la pandémie par le gouvernement, M. El Hachimi a estimé que la marge de manœuvre du gouvernement à relever les défis de la prochaine étape est largement conditionnée par le type de l’approche qui sera adoptée dans le financement des plans de relance de l’économie nationale.

Au cas où le gouvernement aura adopté l’approche se basant sur les sources traditionnelles de financement de l’économie, dit-il, “ses choix semblent être très limités, en raison du lien étroit entre l’économie nationale et l’économie internationale, en particulier l’Union européenne ou les autres des pays qui ont atteint des niveaux inédits d’interdépendance en raison des chaînes d’approvisionnement”.

Les difficultés que vivent les partenaires européens pourraient également influer, selon M. El Hachimi, sur deux des sources de devise du Maroc, qui sont les transferts de la communauté marocaine d’une part et le secteur du tourisme d’autre part.

Si le gouvernement adopte une approche qui fait preuve de créativité, les difficultés liées à la pandémie pourraient constituer une opportunité de réorienter l’économie nationale pour renforcer sa capacité à faire face à des contextes de crise, indique le chercheur.

Cela pourrait servir à l’avenir comme donnée structurelle pour les systèmes économiques de tous les pays du monde, notamment les pays ayant une structure économique similaire à l’économie nationale, estime M. Hachimi.

“Le processus de réorientation de l’économie, censé être l’un des piliers du nouveau modèle de développement, peut se dérouler dans deux directions”, explique-t-il.

La première consiste à élargir la marge d’autonomie et cela ne peut se faire que par un examen approfondi et à long terme de la position du Maroc dans l’économie mondiale et la deuxième consiste en la nécessité de rompre avec la gestion immédiate et d’encourager les idées nouvelles et innovantes”, a-t-il détaillé.

“La deuxième approche semble difficile et ne résout pas le problème immédiatement, mais elle est très nécessaire et stratégique, et donc sa validité ne doit pas être mesurée par des résultats circonstanciels, mais plutôt par sa capacité à immuniser et solidifier l’économie nationale à moyen et long termes”.

En ce qui concerne la possibilité de l’émergence de coalitions entre les partis à l’horizon des échéances de 2021, M. El Hachimi estime que la scène partisane marocaine connaît des coalitions qui ne sont pas basées sur les idées et les programmes sauf dans quelques cas dénombrés et limités. Par conséquent, les attentes des parties restent liées à des estimations circonstancielles, a fait savoir le chercheur.

Les partis politiques “ne semblent pas avoir réussi à développer leurs méthodes de travail, ce qui les rend prisonniers de la pression du moment électoral”, a affirmé M. El Hachimi.

Le troisième facteur résulte des deux premiers éléments, ce qui signifie que la plupart des partis rencontrent de grandes difficultés dans la rotation de l’élite électorale, et manquent ainsi de nouvelles perceptions de l’action politique, a-t-il conclu.

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