Malgré la diminution de l’enveloppe budgétaire du Cameroun, 180 milliards de F consacrés à la lutte contre la pandémie et ses répercussions économiques.

Depuis le mois de mars dernier, à la suite de la survenue du premier cas de covid-19 au Cameroun et à cause de la chute drastique des cours du pétrole sur le marché international, base de calcul de budget de l’Etat, les pouvoirs publics avaient envisagé l’option d’une révision de la loi de Finances. C’est donc ce qui a été concrétisé le 03 juin dernier par le président de la République. En effet, mercredi dernier, Paul Biya a pris une ordonnance modifiant et complétant la loi n°2019/023 du 24 décembre 2019 portant loi de finances de la République du Cameroun pour l’exercice 2020. Sept nouveaux articles ont été insérés dans la loi de finances rectificative, pour quatre changements majeurs.

Prévisions en baisse

La diminution générale du budget de l’Etat est le premier fait à retenir de cette ordonnance présidentielle. Les prévisions de recettes et de dépenses sont ainsi passées de 4951,7 milliards de F selon la loi de finance initiale, à 4 409 milliards de F, soit une baisse de 542,7 milliards de F en valeur absolue et 11% en valeur relative. Dans les détails, les prévisions de recettes, tant fiscales, non fiscales que pétrolières, de l’ordre de 768, 653 milliards, passant de 3719,2 milliards de F à 2950,547 milliards. En dehors des secteurs dits sociaux (santé, éducation et formation, affaires sociales, promotion de la femme), les autres administrations verront leur enveloppe budgétaire perdre une moyenne de 20% de leur contenu de départ.

Compte d’affectation spéciale pour la lutte contre le covid-19

Par ailleurs, cette loi de finances consacre la création d’un fonds spécial de lutte contre le coronavirus et ses répercussions économiques, doté d’une enveloppe de 180 milliards de F. Selon Cyrill Edou Alo’o, directeur général du budget au ministère des Finances, cette disposition permet de donner une forme juridique à ce fonds qui avait déjà été créé, avec pour ambition d’atteindre les objectifs visés par le plan global de riposte contre la pandémie du coronavirus. Il s’agit notamment des dépenses sanitaires liées à la lutte contre la pandémie ; des dépenses réalisées en faveur des personnes vulnérables et affectées par la crise sanitaire (enfants de la rue, bénéficiaires du projet filets sociaux, développement de l’enseignement à distance, distribution des outils et supports pédagogiques en milieu rural). Il y également les aides financières de l’Etat aux entreprises sous pression dans les secteurs d’activité affectées par la pandémie, à travers notamment l’apurement de la dette intérieure déjà en cours.

Levée des exceptions et exonérations

Cette disposition permettra que le compte d’affectation spécial puisse être garni sans aucune difficulté. On note aussi d’autres aménagements comme une série d’exonérations de droits de taxes douanières sur certains produits et matériels liés à la lutte contre la pandémie. De même que la suspension des intérêts de retard au paiement de ces droits. Le code général des impôts a également été revisité, pour prendre en compte certaines des mesures annoncées par le Premier ministre, chef du gouvernement, il y a quelques semaines.

Louis Paul Motaze, ministre des Finances, explique davantage ces changements, mais aussi le contexte et les objectifs de cette loi de finances rectificative.

Bouton retour en haut de la page
Fermer