Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a annoncé, mardi soir, un plan d’urgence économique et sociale pour faire face à l’impact de la pandémie du Coronavirus. Il s’agit du plan le plus important jamais consentis par le pays.

   Le budget alloué est colossal, soit 500 milliards de rands représentant 10 pc du Produit intérieur brut du pays.

   Si les volets économiques occupent une place importante dans le plan présidentiel, force est de constater la prééminence accordée au secteur social dans le contexte de la grave crise qui perdure dans le pays depuis des années et qui s’est accentuée avec l’arrivée du Coronavirus.

   Des aides aux foyers vulnérables aux indemnités au profit des personnes ayant perdu leurs emplois, le plan Ramaphosa renvoie sur cette crise sans précédent qui menace de perturber une paix sociale déjà fragilisée par une pauvreté et des disparités criantes.

   L’Afrique du Sud est le pays le plus inégalitaires au monde, une infime minorité s’accaparant les richesses du pays, alors que la majorité noire vit toujours dans l’exclusion, plus de deux décennies après la fin du régime ségrégationniste de l’apartheid.

   Plus de la moitié de la population active sont au chômage ou dans les meilleurs des cas sous-employés. Ces chiffres sont aggravés par la pandémie qui devra engendrer la perte de millions d’emplois.

   Dans ce contexte de crise, le message politique que le président Ramaphosa voulait transmettre lors de son discours mardi soir à la Nation, était clair. Le pays n’est qu’aux premières phases de la pandémie.

   Les Sud-Africains sont ainsi appelés à se préparer à de longs mois de confinement d’autant plus que le pic de la pandémie n’est prévu, selon les prévisions du gouvernement lui-même, qu’au mois de septembre prochain.

   Les analystes préviennent que les Sud-Africains pauvres ne pourront pas supporter une telle situation. La colère se manifeste déjà dans plusieurs régions, en particulier dans les townships, ces vastes foyers de pauvreté et d’exclusion qui entourent les grandes villes du pays.

   Des scènes de pillage et de vandalisme de centres commerciaux sont rapportées quotidiennement. Des Sud-Africains qui n’ont plus de quoi se nourrir s’attaquent même aux camions de transport de produits alimentaires.

   Peu avant son discours dans lequel il a annoncé son plan d’urgence, Ramaphosa a ordonné le déploiement de presque 74.000 soldats supplémentaires dans les rues du pays pour appuyer les services de police dans leurs efforts visant à faire respecter les règles de confinement national.

   Il s’agit du plus important déploiement des forces armées sud-africaines dans toute l’histoire du pays. La gravité de la situation l’impose, selon les analystes, qui voient en cette décision une indication que le confinement devra durer pendant des mois dans le pays.

   Cette hypothèse est corroborée par le ministre sud-africain de la Santé, Zweli Mkhize, qui a indiqué, mardi, que la lutte contre la pandémie sera longue et compliquée.

   La tâche sera compliquée davantage avec l’arrivée de l’hiver dans la région d’Afrique australe, a dit le ministre, appelant les Sud-Africains à respecter les règles de confinement.

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