Le Secrétaire général des Nations-Unies, Antonio Guterres, a mis en garde contre des “ravages et des souffrances inimaginables” dans le monde en l’absence d’action concertée pour faire face aux conséquences de la crise économique et sociale engendrée par la pandémie du Covid-19.

“Si nous n’agissons pas maintenant, la pandémie de COVID-19 causera des ravages et des souffrances inimaginables dans le monde”, a lancé M. Guterres à l’adresse des dirigeants mondiaux, à l’occasion d’un événement virtuel de haut niveau sur “le financement du développement durable à l’ère de COVID-19 et au-delà” co-organisé par le Canada et la Jamaïque avec la participation d’une douzaine de chefs d’Etat et de gouvernement.

“Faim et famine à des proportions historiques. Soixante millions de personnes supplémentaires plongées dans l’extrême pauvreté. Jusqu’à la moitié de la main-d’œuvre mondiale – 1,6 milliard de personnes – sans moyens de subsistance”, a énuméré le chef de l’ONU. “Une perte de 8,5 billions de dollars de la production mondiale – la plus forte contraction depuis la Grande Dépression des années 1930. Nous devons l’éviter”, a-t-il insisté.

Selon le Secrétaire général, la pandémie du Covid-19 a démontré “la fragilité” du monde entier. “Malgré toutes les avancées technologiques et scientifiques des dernières décennies, nous sommes dans une crise humaine sans précédent, à cause d’un virus microscopique”, a-t-il constaté lors de cette rencontre virtuelle marquée par la participation du Premier ministre canadien, Justin Trudeau, du président Français, Emmanuel Macron, et du Premier ministre britannique, Boris Johnson, notamment.

“Nous devons répondre avec unité et solidarité”, a plaidé M. Guterres, soulignant qu’un aspect clé de la solidarité est le soutien financier.

“Je salue les mesures rapides qui ont déjà été prises par le Fonds monétaire international, le Groupe de la Banque mondiale, les banques régionales de développement et d’autres institutions financières internationales et le G20. Mais de nombreux pays en développement n’ont pas les moyens de lutter contre la pandémie et d’investir dans la reprise”, a-t-il fait observer.

Antonio Guterres a ainsi appelé à une action immédiate et collective dans six domaines importants. Il s’agit notamment de l’expansion des liquidités financières dans l’économie mondiale, remédier aux vulnérabilités liées à la dette, endiguer les flux financiers illicites, accroître le financement extérieur pour une croissance inclusive et la création d’emplois, ainsi que la mise en œuvre de stratégies permettant aux pays de mieux se relever de la crise.

Le chef de l’ONU a aussi noté de nombreux pays en développement et même à revenu intermédiaire sont très vulnérables et déjà en situation de surendettement ou le deviendront bientôt, en raison de la récession mondiale.

“L’allégement de la dette écrasante ne peut se limiter aux pays les moins avancés. Elle doit être étendue à tous les pays en développement et à revenu intermédiaire qui demandent l’abstention lorsqu’ils perdent l’accès aux marchés financiers”, a préconisé le Secrétaire général.

“Nous avons un besoin urgent de solutions durables sur la dette, pour créer un espace pour les investissements dans la reprise et les objectifs de développement durable”, a-t-il conclu.

 

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