La pandémie du Covid-19 a grandement affecté la réalisation des 17 Objectifs de développement durable (ODD) à l’horizon 2030, alors que cet effort mondial visant à améliorer la vie des gens à travers la planète accusait déjà du retard à la fin de 2019, a constaté l’ONU dans un nouveau rapport publié mardi.

Cette étude, réalisée par le Département des affaires économiques et sociales de l’ONU (DESA), note que la pandémie a déclenché, en une courte période, une crise sans précédent, provoquant de nouvelles perturbations du progrès des ODD, et touchant davantage les populations les plus pauvres et les plus vulnérables à travers le monde.

“Comme les Etats Membres l’ont reconnu lors du sommet sur les ODD en septembre dernier, les efforts mondiaux à ce jour n’ont pas été suffisants pour apporter le changement dont nous avons besoin, mettant en risque la promesse de l’Agenda pour les générations actuelles et futures”, a déclaré, à cette occasion, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.

“Maintenant, en raison de la Covid-19, une crise sanitaire, économique et sociale sans précédent menace les vies et les moyens de subsistance, rendant la réalisation des Objectifs encore plus difficile”, a-t-il déploré, dans un communiqué.

Le “Rapport des Objectifs de développement durable 2020” relève que le monde était en train de réaliser des progrès – bien qu’inégaux et insuffisants pour atteindre les Objectifs – dans des domaines tels que l’amélioration de la santé maternelle et infantile, l’élargissement de l’accès à l’électricité et l’augmentation de la représentation des femmes au sein des gouvernements. Toutefois, même ces avancées ont été contrebalancées par une croissante insécurité alimentaire, une détérioration de l’environnement naturel et des inégalités persistantes et omniprésentes.

Par conséquent, le rapport onusien estime que près de 71 millions de personnes devront basculer dans l’extrême pauvreté en 2020, soit la première augmentation de la pauvreté dans le monde depuis 1998. La perte de revenus, la protection sociale limitée et la hausse des prix signifient que même ceux qui étaient auparavant en sécurité pourraient se retrouver menacés de pauvreté et la faim.

Le sous-emploi et le chômage dus à la crise signifient que 1,6 milliard de travailleurs déjà vulnérables dans l’économie informelle (la moitié de la main-d’œuvre mondiale) pourraient être considérablement affectés, avec leurs revenus ayant déjà chuté de 60% au cours du premier mois de la crise, ajoute-t-on.

De même, les auteurs de l’étude s’inquiètent que les femmes et les enfants sont également parmi ceux qui subissent les effets les plus lourds de la pandémie.

La publication de ce rapport annuel coïncide avec l’ouverture du Forum politique de haut niveau des Nations-Unies sur le développement durable, qui réunit les dirigeants des gouvernements et des différents secteurs de la société pour définir des stratégies et des efforts pour pleinement mettre en œuvre les Objectifs de développement durable.

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