L’élargissement de la couverture médicale de base est un prélude au renforcement des droits humains au Maroc, en l’occurrence le droit aux soins de santé et à la couverture médicale, a affirmé vendredi à Rabat le ministre de la Santé, Anass Doukkali.

Cette couverture permettra également d’atteindre les objectifs du plan Santé 2025, de s’inscrire dans les Objectifs du développement durable (ODD) et d’atteindre les cibles retenues par les États membres des Nations Unis à l’horizon 2030, notamment l’ODD 3, a expliqué M. Doukkali, lors de la cérémonie de mi-parcours du jumelage institutionnel entre le Maroc et l’Union européenne en matière de renforcement de la gouvernance et du suivi de la couverture médicale de base.

Elle ouvre également la voie au renforcement du développement au Maroc par la promotion de son capital humain-santé, de même qu’elle permet de soulager les ménages des dépenses directes, a relevé le ministre.

Dans ce sens, il a indiqué que l’extension de l’assurance maladie aux travailleurs non-salariés, qui représentent 33% de la population, constitue l’une des grandes priorités du programme gouvernemental et du Plan Santé 2025 dans la perspective d’atteindre, d’ici 2021, un taux de couverture de 90% de la population.

M. Doukkali a considéré que ce jumelage, instrument de coopération privilégié dont le principal bénéficiaire est l’Agence nationale de l’assurance maladie (ANAM), aidera certainement le Royaume à renforcer la gouvernance et le suivi de la couverture médicale. Il mettra, en outre, à la disposition des différents partenaires, en l’occurrence les organismes gestionnaires de l’AMO, les départements ministériels et l’ANAM, un projet de dispositif institutionnel de régulation de l’assurance maladie, en proposant des améliorations à la lumière des exigences de l’Acquis et des bonnes pratiques européennes, des outils pour renforcer la stratégie de communication institutionnelle, ainsi que les modalités de pilotage et de mise en place d’un plan national de gestion du risque maladie, a-t-il dit.

Ce jumelage, levier de coopération privilégié inscrit dans le cadre du programme “Réussir le statut avancée phase II” dont le Maroc bénéficie depuis 2008, contractualisé entre le ministère de l’Économie et des Finances et le ministère des Solidarités et de la Santé de France est en lien avec le programme de l’UE d’appui à la réforme de la protection sociale.

Pour sa part, les représentants de l’Union européenne et de l’ambassade de France ont souligné que le niveau de coopération maroco-européenne dans le domaine de la santé illustre le développement des relations entre les deux parties, lesquelles ont franchi des pas importants.

Ce projet s’inscrit dans le processus de convergence réglementaire vers l’Acquis communautaire en vue d’atteindre les objectifs de la stratégie nationale dans le domaine de la protection sociale et de la santé, notamment à travers l’amélioration de la gouvernance de la couverture médicale de base pour la mise en place de mécanismes, de procédures et d’outils pour gérer le risque maladie et renforcer la structuration de l’Agence nationale de l’Assurance Maladie (ANAM) et son positionnement en tant qu’organisme public de régulation.

Dans une déclaration à la presse, le Directeur général de l’ANAM, Khalid Lahlou, a indiqué que depuis avril 2018, près de 40 experts et assistants ont été mobilisés pour réaliser, dans une première étape, un diagnostic de l’état des lieux et faire des propositions.

Ils ont fait à ce sujet des recommandations se rapportant à la gouvernance du régime de couverture médicale au Maroc, au système informatique qui nécessite de grands efforts pour la mise en place d’un programme national répondant aux besoins des régimes en charge de la gestion de la couverture médicale et l’ANAM en tant qu’organisme public de régulation. Ils ont insisté aussi sur le renforcement de la communication institutionnelle de l’Agence nationale de l’assurance maladie et de sa stratégie, ainsi que sur le partage de la démarche de mise en œuvre avec les partenaires publics, privés et la société civile dans un cadre de dialogue organisé.

Ce jumelage d’une durée de 24 mois (avril 2018 – avril 2020) est financé par l’Union européenne. Il est géré avec l’appui de la Direction du Trésor et des Finances extérieures relevant du ministère de l’Économie et des Finances. Le Ministère des Solidarités et de la Santé français, partenaire principal européen de ce jumelage, prévoit la mobilisation d’une quarantaine d’experts, issus des différents corps et organismes de l’État français, à savoir : l’Inspection générale des affaires sociales, la Cour des comptes, la Haute Autorité de Santé, la Modernisation des données sociales, et l’Assurance maladie française.

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