Les partisans de l’opposition au Bélarus se sont réunis mardi devant le centre de détention où est enfermé le mari de leur cheffe de file, Svetlana Tikhanovskaïa, pour la 10e journée de protestation.

Depuis l’élection contestée du 9 août, la pression ne cesse de monter sur le président Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994. Déclaré vainqueur avec 80% des voix, il fait face à des manifestations quotidiennes et à un mouvement de grève touchant de plus en plus d’industries vitales à l’économie du pays.

Depuis la Lituanie où elle est réfugiée avec leurs enfants, Svetlana Tikhanovskaïa, 37 ans, a dénoncé dans une vidéo publiée sur YouTube les accusations visant son mari comme fabriquées de toutes pièces afin qu’il “se taise et ne participe pas à la campagne électorale”.

Svetlana Tikhanovskaïa, professeur d’anglais de formation, avait remplacé son mari dans la course à la présidentielle du 9 août, rassemblant des foules de partisans à ses meetings et les soutiens d’autres opposants. Elle rejette les résultats officiels donnant Alexandre Loukachenko gagnant et dénonce des fraudes.

Après avoir appelé le chef de l’Etat à lui abandonner le pouvoir, elle s’est dite lundi prête à “assumer ses responsabilités” et à gouverner le pays.

Un “conseil de coordination” pour la transition du pouvoir a été formé à cet effet par l’opposition, dont la première réunion doit avoir lieu dès mardi, selon l’opposante Maria Kolesnikova. Il doit notamment comprendre Svetlana Aleksievitch, prix Nobel de littérature.

L’opposition a organisé dimanche dernier le plus grand rassemblement de l’histoire du pays avec plus de 100.000 participants et lancé un appel à la grève qui a été suivi dans plusieurs industries d’importance, tel que le producteur de potasse Belaruskali ou l’emblématique usine de fabrication de tracteurs (MZKT).

Une autre manifestation a été organisée mardi en soutien au théâtre académique d’Etat de Minsk, dont le directeur Pavel Latouchko, également ancien ministre de la Culture, a été limogé pour avoir appelé publiquement à de nouvelles élections et au départ de M. Loukachenko.

La situation au Bélarus doit faire l’objet mercredi d’un sommet extraordinaire de l’UE, avec à la clé une extension des sanctions déjà décidées la semaine dernière après les violences.

 

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