En réunissant plus de 400 scientifiques à Genève pour un forum mondial de deux jours (11 et 12 février) sur “l’Innovation et la recherche”, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dit vouloir “déterminer les priorités de la recherche et accélérer les progrès” en vue de trouver des solutions face à l’épidémie du nouveau coronavirus, une maladie mal connue et tout juste baptisée Covid-19.

Face à cette épidémie qui a déjà fait plus de 1.100 morts et qui pourrait être moins létale que prévu, « il est essentiel de tirer parti des potentialités de la science afin d’endiguer la flambée épidémique. Il y a des questions auxquelles nous devons répondre et des outils que nous devons développer aussi rapidement que possible”, a affirmé le directeur général de l’Organisation, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Alors que plusieurs laboratoires pharmaceutiques et instituts dans différents pays sont engagés dans la recherche d’un vaccin dont la mise au point et la diffusion pourraient prendre plusieurs années, “l’OMS joue un rôle de coordination important en rassemblant la communauté scientifique afin de déterminer les priorités de la recherche et d’accélérer les progrès», a relevé le directeur général de l’agence spécialisée de l’ONU.

Le forum est organisé en collaboration avec le GloPID-R (un réseau mondial pour la recherche et la collaboration dans le cadre de la préparation aux situations d’urgence causées par des maladies infectieuses).

Il rassemble des acteurs majeurs, notamment des scientifiques de premier plan, ainsi que des organismes de santé publique, des ministères de la santé et des bailleurs de fonds pour la recherche qui mènent des travaux essentiels dans les domaines de la santé animale et de la santé publique et travaillent à la mise au point de vaccins, de traitements et produits de diagnostic, entre autres innovations.

Les participants se penchent sur plusieurs domaines de recherche, notamment l’identification de la source du virus et le partage d’échantillons biologiques et de séquences génétiques.

Les experts “feront fond sur les travaux de recherche existants sur les coronavirus du SRAS et du MERS et ils détermineront les connaissances à acquérir ainsi que les priorités de la recherche, afin d’accélérer la diffusion d’informations scientifiques et des produits médicaux les plus nécessaires pour minimiser l’impact de la flambée due au 2019-nCoV”, indique l’OMS.

Cette rencontre devrait aboutir à l’élaboration d’un programme de recherche mondial sur le nouveau coronavirus qui définira les priorités et les cadres d’action susceptibles d’orienter le choix des projets à entreprendre en premier lieu.

Pour Dr Soumya Swaminathan, Scientifique en chef à l’OMS, « comprendre la maladie, ses réservoirs, son mode de transmission et sa gravité clinique, puis élaborer des contre-mesures efficaces est primordial pour endiguer la flambée, limiter le nombre de décès et minimiser les conséquences économiques».

Le forum permettra, en outre, d’accélérer l’élaboration et l’évaluation de tests de diagnostic, de vaccins et de médicaments efficaces, tout en mettant au point des mécanismes qui offrent un accès abordable aux populations vulnérables et en facilitant l’engagement de la communauté.

Pour Michael Ryan, directeur exécutif chargé du Programme OMS de gestion des situations d’urgence sanitaire, « le schéma directeur de l’OMS sur la recherche-développement est une stratégie mondiale et un dispositif de préparation qui oriente l’élaboration coordonnée de médicaments et de vaccins en amont des épidémies et permet la mise en place rapide d’activités de recherche développement pendant celles-ci. Il permet la distribution accélérée de produits de diagnostic, de vaccins, de traitements et de technologies qui sauveront des vies».

L’OMS a annoncé également avoir ouvert deux formations en ligne pour soutenir la riposte à la propagation du nouveau coronavirus.

Ces cours sont disponibles sur la plateforme d’apprentissage OpenWHO qui se veut un espace “interactif de transfert de connaissance, proposant des cours en ligne pour améliorer la réponse aux urgences sanitaires”.

«Ce qui importe le plus, c’est d’arrêter l’épidémie et de sauver des vies. Avec votre soutien, c’est ce que nous pouvons faire ensemble», a déclaré le directeur général de l’OMS aux participants au Forum de Genève, appelant tous les pays à faire preuve de «solidarité» en partageant les données dont ils disposent.

«Pour vaincre cette épidémie, nous avons besoin d’un partage équitable», a-t-il dit. Le patron de l’OMS s’est ces derniers jours plaint à plusieurs reprises d’un manque de partage de données de certains pays, en particulier occidentaux, sans les nommer.

Fin janvier, l’OMS a classé l’épidémie comme «une urgence de santé publique de portée internationale». Elle se refuse toutefois à parler de «pandémie» à ce stade, mais l’inquiétude internationale a été relancée avec l’apparition de cas de contamination hors de Chine.

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