Après le décès de la juge Ruth Bader Ginsburg, les révélations fracassantes du New York Times sur les déclarations d’impôts de Donald Trump, et l’infection au coronavirus du président américain, ce ne sont plus la, mais les “surprises d’octobre” auxquelles auront eu droit les Américains.

A la traîne dans les sondages derrière le candidat démocrate Joe Biden, tant au niveau national ou étatique, Trump avait besoin d’un coup de chance pour renverser la vapeur au cours de la dernière ligne droite avant le scrutin du 03 novembre.

Malheureusement pour le locataire de la Maison Blanche et ses partisans, la nouvelle de sa contamination au coronavirus est un coup dur pour ses espoirs de réélection, estiment nombre d’observateurs.

Il y a quelques mois encore, tout semblait indiquer que le président avait toutes les chances d’être réélu. Mais ce fut sans compter la pandémie de Covid-19, dont la gestion approximative par l’administration Trump a fini par aliéner de nombreux Américains contre l’ancien magnat de l’immobilier.

Pas plus loin que lors du débat présidentiel, M. Trump a moqué son rival pour la façon dont il se cloitrait chez lui et portait un masque lors de toute apparition publique.

“Je ne porte pas de masque comme lui”, a déclaré M. Trump mardi soir. “Chaque fois que vous le voyez, il a un masque. Il pourrait parler à 200 mètres de moi et il se présente avec le plus grand masque que j’aie jamais vu”, a-t-il poursuivi.

Lors d’un discours préenregistré à l’occasion d’un dîner de charité catholique jeudi à Washington, M. Trump a déclaré que “la fin de la pandémie est en vue”.

Pour de nombreux analystes, la rhétorique du président, qui cherchait à tout prix à détourner la conversation de la pandémie, a fini par se retourner contre lui. Comment pourra-t-il, en effet, parler d’un autre sujet électoral alors qu’il est en quarantaine à cause du coronavirus?

Cité par le quotidien The Hill, le politologue et professeur à la Harris School of Public Policy de l’Université de Chicago, William Howell, s’attend à des implications immédiates pour une campagne présidentielle particulièrement volatile.

“Il (ndlr: Trump) ne peut évidemment pas faire ses rassemblements. Nous devons nous attendre à ce que le prochain débat soit annulé. Il va y avoir des questions naturelles sur son attitude cavalière face à cette pandémie et la signification de son propre type de comportement imprudent”, a estimé M. Howell. “D’un autre côté, il y aura beaucoup de gens qui seront inquiets pour la santé du président.”

Avant de se rendre vendredi soir à l’hôpital militaire Walter Reed, où il restera sous surveillance quelques jours, le président américain a diffusé une vidéo sur Twitter où il s’est montré rassurant. “Je vais bien”, a-t-il dit.

Pour le moment, ses symptômes semblent légers, et de l’avis de beaucoup d’experts, le président américain a toutes les chances de se rétablir rapidement, malgré son âge, 74 ans, et son indice de masse corporelle élevé.

Toutefois, même si son état de santé ne s’aggrave pas, le président sera contraint de suspendre tous ses évènements de campagne, lui qui est friand des grands rassemblements électoraux. A un mois du scrutin, c’est loin d’être un scénario idéal.

Le directeur de la campagne Trump, Bill Stepien, a confirmé dans un communiqué vendredi que “tous les événements de campagne annoncés précédemment impliquant la participation du président sont en train d’être déplacés en événements virtuels ou temporairement reportés”.

Pour tenter de rester proche de Biden dans les sondages au cours des deux prochaines semaines, Trump devra compter sur Mike Pence, son vice-président, qui a annoncé vendredi qu’il n’avait pas contracté le virus.

De son côté, Joe Biden et ses collaborateurs ont confié à la presse que l’ancien vice-président n’avait aucune intention d’annuler des évènements de campagne tant qu’il est négatif à la Covid-19.

Du côté démocrate, on ne crie pas victoire pour autant. S’il est une chose que les derniers jours auront montré, c’est que tout peut basculer à nouveau. Le président américain pourrait se rétablir vite et retourner triomphalement à la campagne électorale. Et il se pourrait même que Biden, qui est encore plus âgé (77 ans), contracte la maladie à son tour. Cette élection n’aura pas fini de surprendre.

 

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