Les participants à un webinaire, tenu mardi à l’initiative de l’Institut CDG (Caisse de dépôt et de gestion), ont souligné l’importance de construire un système sanitaire maroco-marocain qui prend en compte la culture et les spécificités du Maroc.

“L’actuelle épidémie de covid-19 est plus qu’une crise dans la mesure où elle a obligé de nombreux Etats, dont le Maroc à repenser leur manière d’appréhender la santé publique. De l’avis de nombreux acteurs nationaux, c’est une expérience sans précédent et extrêmement complexe, comportant de nombreuses ramifications économiques, sociales et sécuritaires”, a indiqué l’Institut CDG dans un communiqué sur ce webinaire qui clôture l’édition 2020 du cycle de conférences “Regards vers le futur”.

Initiée sous le thème “Repenser les déterminants de la politique sanitaire”, cette rencontre virtuelle a été l’occasion pour noter que le système sanitaire national doit être en mesure d’absorber ces nouveaux chocs tout en maintenant la prise en charge des besoins sanitaires et des demandes de soins des populations et que “l’extension de la couverture de santé est un enjeu indispensable mais non suffisant”.

La crise sanitaire actuelle a eu des répercussions négatives sur les plans économique et social, mais peut aussi être considérée comme une excellente opportunité pour mener à bien une réforme complète et profonde du système de santé marocain.

“Cette crise pour moi est l’occasion de nous permettre de s’interroger sur la place de la santé globale dans la vie des hommes, dans la vie de notre organisation et la vie de notre société”, a dit Gabriel Malka, Directeur du pôle des sciences médicales et biologiques de l’Université Mohamed VI Polytechnique, cité par le communiqué. Il est nécessaire aussi de bien comprendre les enjeux et les concepts de la promotion de la santé et du développement durable, a-t-il estimé.

Et de relever l’importance du développement de la recherche en matière de santé, dont les investissements restent faibles, à travers un rapprochement entre les industriels et le monde universitaire. A cet égard, M. Malka a donné pour exemple l’UM6P qui s’est construite autour de pôle de recherche et de recherche appliquée.

Par ailleurs, ce webinaire a été une occasion pour insister sur la régionalisation de la santé, puisque chaque région a ses spécificités et ses pathologies, ainsi que sur la nécessité de donner des moyens aux régions pour répondre aux besoins de santé des populations locales.

Les participants ont aussi évoqué la formation des personnels de santé dans les régions où ils habitent pour les inciter à rester dans leurs régions en vue de favoriser un maillage du territoire.

En outre, les intervenants, qui ont discuté de la mise en place d’un Institut de veille sanitaire visant notamment de prévoir les futures épidémies, ont fait état d’un besoin de financement supplémentaire pour répondre aux défis qui se présentent en matière de santé, travers notamment la fiscalité.

C’est dans ce sens que Bert Brys, Senior tax économiste, Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), a indiqué que “réformer le système de cotisation pour la santé et mobiliser les droits d’accises sur les produits néfastes à la santé peut apporter des financements supplémentaires”.

Pour sa part, Saad Taoujni, Juriste, expert en management de la santé et de la protection sociale, a expliqué que “l’architecture institutionnelle doit être repensée pour qu’il n’y ait plus de dilution de responsabilité”, pointant du doigt le nombre important d’intervenants dans le milieu de la santé et qui pose un problème de gouvernance institutionnelle.

“La santé est la résultante de l’ensemble des conditions dans lesquelles les personnes naissent, grandissent, travaillent et vieillissent”, a, de son côté, relevé Rajae El Aouad, membre de l’Académie Hassan II des sciences et techniques, spécialiste en recherche biomédicale et en santé publique.

En effet, la santé d’un individu ne dépend pas du système de santé qui est mis en place mais d’un ensemble de déterminants, à savoir le contexte politique, économique, socio-culturel d’un pays, son mode de gouvernance, les différentes politiques menées en matière d’éducation, de protection sociale et les normes et cultures dans lesquels l’individu évolue, a-t-elle soutenu, ajoutant que le système de santé est un déterminant parmi d’autre et fait partie d’un environnement qui au préalable a fait en sorte à ce qu’il soit efficace et réponde aux besoins de la population.

Par ailleurs, Azeddine Ibrahimi, Directeur du laboratoire de Biotechnologie médicale, faculté de médecine et de pharmacie de Rabat, a rassuré l’auditoire quant à la décision par le Maroc de choisir le vaccin de la firme chinoise Sinopharm Beijing et pour lequel le Maroc a participé aux essais cliniques. Il a, en effet, expliqué qu'”il n’y avait pas de diversité génétique entre la souche utilisée par le vaccin de Sinopharm et les souches existantes au Maroc”.

L’Institut CDG se veut un vecteur de transformation de l’information en nouveaux savoirs partagés, pouvant enrichir et conforter le Groupe CDG dans la connaissance de son environnement socio-économique et dans ses pratiques. Il promeut un espace de réflexion à même de favoriser l’éclosion d’idées innovantes et de solutions constructives dans le cadre des grands débats nationaux.

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