Les PME suisses se sont montrées habiles en tirant bien leur épingle du jeu à l’exportation, dans un contexte anxiogène marqué par le durcissement des conflits commerciaux, selon une étude du géant bancaire helvétique Credit Suisse.

“Pour plus de la moitié des PME exportatrices suisses interrogées, la situation en matière d’entraves au commerce et de barrières douanières n’a pas changé par rapport à il y a cinq ans”, révèle l’enquête de Credit Suisse dévoilée mardi à Lausanne, et pour laquelle le groupe bancaire a interrogé près de 560 sociétés exportatrices du pays.

Une grande partie des sociétés ont trouvé des parades aux obstacles, par exemple en renforçant leurs réseaux sur place, dans les pays où elles exportent, ou via des partenariats de distribution, relève la même source.

Pour les auteurs de l’étude, “la situation ne semble pas aussi sombre que les gros titres dans la presse pourraient laisser présager”. Ils précisent que “les PME exportatrices suisses n’ont récemment perçu qu’un léger durcissement des entraves au commerce et parviennent généralement à les gérer.”

Ces dernières sont récurrentes depuis la crise de 2008. Le nombre de mesures de protection étatiques recensées au plan mondial, sous diverses formes, dépasse 1.200 depuis une dizaine d’années et a augmenté encore d’un tiers entre 2016 et 2018.

Concernant la Suisse spécifiquement, depuis l’abandon du taux plancher avec l’euro en 2015, les PME ont appris à jongler, à s’adapter et à réagir vite, fait savoir la même source.

“Toutefois, il ne faudrait pas que les obstacles augmentent encore ou/et que le taux de change avec l’euro se stabilise sous 1,10 franc”, a estimé Michael Willimann, responsable de la région Suisse romande chez Credit Suisse.

Dans le détail, les entraves commerciales – illustrées par le conflit sino-américain – sont “un grand ou un très grand défi pour 29% des PME suisses”. Plus de 40% se disent en revanche “peu ou pas du tout affectées”.

Dans l’ensemble, Credit Suisse qualifie cet impact relativement limité de très encourageant. “Les PME suisses sont très pragmatiques. Et elles évoluent dans des niches, avec des produits de qualité qui les rendent souvent indispensables”, a précisé M. Willimann.

Globalement, les PME helvétiques – qui contribuent à hauteur de 45% à l’ensemble des exportations de marchandises du pays – pâtissent moins que les grandes du ralentissement de la conjoncture mondiale, fait observer l’étude.

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