Vitrines ternes, faible affluence des clients, rupture de stocks, retards de livraison…tel est le cas d’un grand nombre de magasins notamment de la mode et de l’intérieur, de ville comme ceux des centres commerciaux, qui s’efforcent de reprendre l’élan d’avant crise.

Plusieurs mesures ont été prises afin d’endiguer l’impact des restrictions dues à la crise sanitaire et permettre un redécollage réussi de ce secteur qui revêt une importance primordiale pour l’économie marocaine. Le commerce représente environ 8% du PIB et assure près de 1,6 million emplois urbains et ruraux.

La crise du COVID-19 a incontestablement asséné un coup dur au secteur du commerce de détail non alimentaire, mais l’impact reste hétérogène et dépend de plusieurs variables notamment la nature de l’activité, le lieu d’implantation, l’effet des mesures de distanciation sociale mises en place, l’arrêt de l’activité des usines et des chantiers de construction…etc. Ce qui implique des solutions adaptées selon la nature de chaque commerce exercé.

“Les enseignes et commerces opérant sur les grandes métropoles ont connu clairement une baisse d’activité mais arrivent à maintenir le cap à 70% en moyenne, et dans les autres villes, on constate une baisse fulgurante se stabilisant en moyenne entre 40 et 50% de l’activité voire même la suspension provisoire ou définitive de l’activité pour certaines enseignes des plus fragilisées dans le commerce de détail non alimentaire représentant près de 30% du paysage commercial au niveau national”, a indiqué Adil Lamnini, président de l’Association professionnelle des marques marocaines (APMM), dans une déclaration à la MAP.

Ce constat est corroboré par le président de la Fédération marocaine de la franchise (FMF), Mohamed Elfane, pour qui le secteur du commerce du détail a accusé lors des 7 derniers mois un recul supérieur à 70%.

Les seuls foyers de chiffre d’affaires ayant résisté à cette crise nationale et mondiale sont ceux qui ont su basculer vers des business models hybrides combinant le digital comme vitrine (site e-commerce, facebook, instagram, whatsapp..) et livraison à domicile comme canal logistique, a-t-il précisé.

Dans le détail, M. Lamnini fait savoir que les chiffres d’affaires ont connu des baisses plus ou moins importantes selon le commerce exercé. Une baisse du CA de plus de 70% a été ainsi constatée pour 50% des entreprises du secteur, une baisse du CA de 15% pour 12% des entreprises du secteur, une baisse du CA entre 50% et 70%, pour 20% des entreprises du secteur et une stabilisation pour 2% des entreprises du secteur. Seul 1% des entreprises ont connu une augmentation de leur chiffre d’affaires.

Ceci dit, le travail du gouvernement ainsi que celui de toutes les forces vives de notre pays est louable et on ne peut qu’applaudir toute initiative patriote ayant un impact positif sur le quotidien de nos concitoyens, a relevé M. Lamnini.

Face aux répercussions néfastes de la crise sanitaire qui touche à l’un des secteurs pourvoyeurs d’emploi au Maroc, les professionnels saluent l’ensemble des mesures prises permettant aux entreprises de survivre et en suggèrent d’autres visant à renforcer la résilience du secteur.

Dans ce sens, l’APMM propose la mise en place de l’Agence Nationale du Made in Morocco, l’encouragement et la promotion de la consommation locale à travers des leviers de compétitivité et de montée en qualité des services et des produits destinés au marché local et la consolidation de la préférence nationale au niveau des appels d’offres des marchés publics.

Pour sa part, la FMF suggère l’annulation de la Taxe professionnelle pour l’année en cours et exonération de 50% de cette taxe pour l’année prochaine, la récupération à très court terme du butoir de la TVA due par l’Etat aux entreprises du secteur à travers le mécanisme bancaire mis en place et l’accompagnement de la reprise de la consommation à travers la suppression des parts patronales des charges sociales en vue d’alléger d’une part la trésorerie de l’entreprise pour la préservation des emplois et le maintien du niveau des salaires des collaborateurs.

La relance de l’économie ne se fera pas en rebond, mais progressivement, a estimé le président de la FMF. Les différents secteurs de l’économie ont été touchés à des degrés différents et devront avoir pour chacun un plan de relance spécifique qui privilégiera le maintien des emplois, le renouveau avec la croissance et la stabilité des fondamentaux de l’entreprise, a-t-il dit.

Le secteur du commerce est parmi ceux qui ont été le plus impactés par cette crise du fait de la fermeture administrative des commerces, source exclusive de nos Chiffre d’affaires. Avec la mise en place de mesures exceptionnelles par les autorités compétentes, le secteur ne pourra retrouver sa vitesse de croisière qu’à partir de la fin de l’année prochaine, a conclu M. Elfane.

De nombreux commerces souffrent et risquent même de disparaître avec cette crise, en revanche cela profitera à d’autres qui pourraient tirer parti de la conjoncture et faire de la crise une opportunité mais seulement s’ils réussissent à se réinventer et se lancer sur de nouveaux chemins de croissance.

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