Plusieurs manifestations étaient organisées jeudi en Colombie pour exiger du président Ivan Duque un changement de cap dans son gouvernement, au premier anniversaire de mobilisations exceptionnelles dans ce pays traditionnellement conservateur.

Différents secteurs – syndicats, étudiants, enseignants, médecins, ex-guérilleros des Farc et opposants – ont appelé à cette cinquième “grève nationale” contre la gestion du chef de l’Etat de droite.

“S’exprime là la polychromie de la société colombienne (…) qui réclame droits et attention face aux difficultés parce que Duque ne dialogue, ni ne négocie”, a déclaré Fabio Arias, dirigeant de la Centrale unitaire des travailleurs (CUT), l’un des syndicats les plus puissants.

A Bogota, des rassemblements se formaient dans divers points de la ville et devraient se rejoindre sur la place Bolivar, coeur historique de la capitale où se trouve le parlement, et proche du palais présidentiel.

Le président Duque, au pouvoir depuis août 2018, est confronté à une récession économique marquée par un chômage record de 19,6% dans ce pays de 50 millions d’habitants, sur fond de pandémie de covid-19. Sa gestion est désapprouvée par 61% des Colombiens, selon un sondage publié fin octobre.

D’importantes manifestations en novembre 2019 avaient mobilisé chaque jour des milliers de personnes, du jamais vu en Colombie depuis les années 1970.

Celles de jeudi entendent aussi marquer l’anniversaire de la mort à Bogota d’un jeune de 18 ans, Dilan Cruz, qui avait succombé à un tir de balles en caoutchouc à la tête par un policier anti-émeute.

Les manifestants protestent en outre contre le regain de la violence dans des régions isolées du pays, depuis l’accord de paix du 24 novembre 2016 avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes), depuis transformée en parti politique.

Au moins 74 massacres – assassinat de trois personnes ou plus en une seule fois, selon la définition de l’ONU – ont été répertoriés cette année.

Des experts reprochent au gouvernement de ne pas avoir repris le contrôle des anciens territoires des Farc, permettant le renforcement de groupes armés qui s’y disputent le contrôle du trafic de drogue.

La pandémie de covid-19, qui a gravement affecté la Colombie avec plus de 1,2 million de cas, dont plus de 34.500 morts depuis le 6 mars, avait mis la mobilisation en suspens.

Mais elle a repris en septembre pour dénoncer la brutalité policière suite à la mort d’un homme lors de son interpellation.

D’autres mobilisations sont prévues les 21 et 25 novembre.

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